Le dirigeant d'ACI Group entendu par les enquêteurs pour des flux financiers suspects
Le président et cofondateur d'ACI Group, Philippe Rivière, a été placé en garde à vue mercredi pour quelques heures dans le cadre d'une enquête pénale portant sur des mouvements de fonds suspects. Cette information a été confirmée jeudi par son avocat, Me Gauthier Doré, après avoir été révélée par le média en ligne l'Informé.
Une perquisition au domicile de l'entrepreneur
L'avocat a également indiqué qu'une perquisition avait été effectuée au domicile de Philippe Rivière à Mougins, dans les Alpes-Maritimes. Cette opération s'inscrit dans le cadre de l'enquête ouverte à Lyon, qui n'a pas donné lieu à une mise en examen immédiate du dirigeant.
Des flux de trésorerie anormaux au cœur de l'enquête
En novembre dernier, une information judiciaire a été ouverte après plusieurs plaintes, dont l'une vise spécifiquement Philippe Rivière pour abus de biens sociaux. Cette procédure fait suite à la révélation de flux de trésorerie anormaux dirigés vers sa holding personnelle Capart, comme l'avait confirmé le parquet de Lyon.
Ces mouvements financiers suspects ont été mis en évidence par un audit interne réalisé l'été dernier par le cabinet Finasens. Cet audit avait été commandé à la demande d'un actionnaire du groupe de sous-traitance industriel, alors en difficulté financière.
Le contexte difficile d'ACI Group
Le groupe ACI, spécialisé dans la sous-traitance de pièces pour les industries aéronautique, nucléaire et automobile, a été placé en redressement judiciaire en septembre. Fondé en 2019 par Philippe Rivière, le groupe avait acquis une quarantaine de sociétés et comptait jusqu'à 1 450 salariés en France.
Malgré les promesses du dirigeant de trouver des soutiens financiers pour maintenir l'activité et les emplois, la plupart des filiales ont déjà été vendues ou liquidées. Seules quelques-unes restent encore en vente à ce jour.
La liquidation de la holding et les accusations des syndicats
Le 10 mars, le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire de la holding d'ACI Group après plusieurs tentatives infructueuses de Philippe Rivière pour présenter un plan de continuation. Son avocat avait alors annoncé son intention de faire appel de cette décision.
Parfois présenté comme un investisseur modèle champion de l'hyper-croissance, Philippe Rivière était cependant accusé par les syndicats d'avoir siphonné les trésoreries de ses filiales au profit de sa holding personnelle. Ces accusations semblent trouver un écho dans l'enquête pénale actuellement en cours.
Sollicité jeudi, le parquet de Lyon n'a pas souhaité communiquer sur ce dossier délicat qui mêle enjeux financiers, industriels et sociaux.



