Virgil, 17 ans, gagne jusqu'à 4 000 euros par mois en revendant des vêtements sur Vinted
Ado de 17 ans gagne 4 000 euros par mois sur Vinted

Difficile de passer à côté de Virgil Dutilleul quand on est adepte de Vinted. Sur les réseaux sociaux, il cumule les millions de vues et son compte TikTok, dédié aux "bons plans fringues", réunit 268 000 personnes. Certains mois, grâce à l'application, il a gagné 4 000 euros. Tout ça depuis Pérols, dans l'Hérault. C'est l'histoire d'un adolescent plein de ressources qui transforme en or tout ce qu'il touche.

Une indépendance précoce

"Je ne le fais pas pour l'argent", insiste le jeune homme. À 17 ans, Virgil Dutilleul parvient néanmoins à gagner sa vie seul. Et cela fait déjà quatre ans qu'il a rejoint l'univers de l'entrepreneuriat. Pour lui, Vinted est une évidence. "Si je le fais, c'est parce que j'ai toujours kiffé me débrouiller, ne pas forcément demander de l'argent à mes parents."

Sa quête d'indépendance l'a amené loin. Aujourd'hui, il réunit 268 000 abonnés sur TikTok, 125 000 sur YouTube et 28 249 sur Vinted. Les vues qu'il cumule donnent le vertige : 7,8 millions, rien que sur TikTok.

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Gérer le succès et les critiques

Autant de succès, de personnes qui le suivent, le connaissent, le mentionnent… Ça pourrait donner le tournis. Et surtout, perturber le centre de toutes ces attentions. Mais Virgil temporise. "Il y a beaucoup de commentaires qui me disent que je gâche ma jeunesse. Et il y a une part de vérité. Mais d'un autre côté, je prends vraiment de l'avance sur des gens qui vont galérer après, quand ils auront 18, 22 ans. Mais j'arrive quand même à voir mes potes. Dès que je ne travaille pas je sors. Et quand je suis avec eux, j'ai mon délire de mec de 17 ans."

L'adolescent préfère rester détaché de ses "haters", et continue de s'adresser à sa communauté avec un grand sourire. Quant à la dimension écolo de Vinted, il la voit, comme la majorité des jeunes, comme une évidence : "J'aime bien que ce business n'aille pas à l'encontre des valeurs des gens. C'est bénéfique pour tout le monde."

Les débuts en Bretagne

L'aventure a commencé bien loin de l'Hérault, en Bretagne. Virgil avait 13 ans. "Je faisais ça tout seul. J'avais un petit budget pour trouver des vêtements en brocante et les revendre. Je m'habillais assez bien pour mon âge alors j'arrivais à trouver les marques, les tendances…" Son compte a peu à peu gagné en abonnés, en clients fidèles. Et lui s'est professionnalisé.

"Six mois après, j'ai fait ma première commande chez un grossiste. J'ai reçu 50 kg de jeans. Je les ai tous revendus. J'ai investi 1 000 euros, j'ai gagné le double." Là est né l'entrepreneur. Quand un an plus tard, il déménage à Montpellier, puis à Pérols, il se met à se spécialiser dans les sneakers. "Je me levais à 9 h, j'allais à l'ouverture des magasins pour avoir des éditions limitées."

Un business qui prend le pas sur l'école

Son business grossit tellement qu'il devient trop chronophage. "Je suis passé de 0 à 200 000 abonnés en trois mois !" Des fans qu'il faut gérer, auxquels il faut répondre… Tout cela est chronophage et lui prend environ 4 h par jour, alors Virgil se met à suivre sa scolarité à distance, via le Cned.

Peu avant ses 15 ans, il s'inscrit dans un CFA mais très vite, il réalise que son salaire d'apprenti est bien inférieur à ce qu'il peut gagner grâce à Vinted. "À certaines périodes, je pouvais me faire 4 000 euros par mois." Alors il arrête sa formation et reprend les cours à distance. "Mais je n'étais pas assez productif, et il me manquait le côté social du lycée." Il retourne en cours pendant quelques mois, mais ses leçons lui semblent bien fades à côté de ce qu'il vit avec Vinted. Sur pronote, il cumule les 250 heures d'absence. La direction du lycée Balzac, à Castelnau-le-Lez, lui propose de passer en conseil de discipline. Il refuse et "démissionne". Ça fait mieux pour son dossier.

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Le soutien familial

Virgil a bien une chance, dans ce parcours scolaire que d'aucuns jugeraient catastrophique : c'est sa mère – il a essentiellement grandi sans son père – et son frère. "Ma mère m'a toujours soutenu. Bien sûr elle n'aimait pas l'idée du conseil de discipline, et puis il fallait gérer les papiers, les inscriptions…" Dans un TikTok, elle répond aux questions de son fils et déclare : "Virgil, c'était un enfant qui était très autonome, qui voulait faire les choses très vite. Et puis en troisième il a commencé à trouver tous les bons plans pour sécher les cours, mais une chose est sûre c'est que je n'ai jamais perdu confiance en lui."

Vers une marque responsable

Aujourd'hui, il a sa propre marque de vêtements, Menose : "On travaille avec de très bonnes usines en Chine, sans exploitation. Là, on réfléchit à trouver des fournisseurs au Portugal, on utilise des emballages 100 % recyclables." Car en plus de faire beaucoup, il a à cœur de faire bien.