Accidents du travail : 800 millions d’économies demandées par le gouvernement
Accidents du travail : 800 millions d’économies demandées

Le gouvernement a officiellement demandé aux partenaires sociaux de réaliser 800 millions d’euros d’économies sur la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) de la Sécurité sociale. Cette annonce a été faite par la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, lors d’une réunion avec les représentants syndicaux et patronaux, le 6 juillet 2026. L’objectif est de réduire le déficit de cette branche, qui s’élève à 1,2 milliard d’euros en 2025, selon les chiffres du gouvernement.

Un déficit structurel à combler

La branche AT-MP est en déficit depuis plusieurs années. En 2024, le déficit atteignait 900 millions d’euros, et il a grimpé à 1,2 milliard en 2025. Le gouvernement souhaite ramener ce déficit à zéro d’ici 2027. Les 800 millions d’économies demandées représentent donc une part importante de l’effort nécessaire. « Il est impératif de trouver des solutions pour garantir la pérennité de notre système de protection sociale », a déclaré Astrid Panosyan-Bouvet.

Les pistes d’économies envisagées

Plusieurs pistes sont sur la table pour réaliser ces économies. Parmi elles, la réduction des indemnités journalières versées aux victimes d’accidents du travail, la diminution des taux de cotisation des entreprises, ou encore une meilleure prévention des risques professionnels. Les partenaires sociaux ont jusqu’au 30 septembre 2026 pour proposer un plan d’économies. Si aucun accord n’est trouvé, le gouvernement pourrait imposer des mesures par décret.

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Les réactions des syndicats

Les syndicats ont accueilli cette demande avec méfiance. Pour la CFDT, « il est inacceptable de faire payer les victimes d’accidents du travail pour combler un déficit qui résulte en partie d’une mauvaise gestion ». La CGT a dénoncé « une attaque contre les droits des salariés » et appelle à une mobilisation. Le Medef, de son côté, estime que « les entreprises doivent être associées à la recherche de solutions, mais les économies ne doivent pas peser uniquement sur elles ».

Un contexte budgétaire tendu

Cette demande s’inscrit dans un contexte budgétaire plus large. Le gouvernement cherche à réduire le déficit de la Sécurité sociale, qui devrait atteindre 15 milliards d’euros en 2026. La branche AT-MP, bien que moins déficitaire que d’autres (comme la branche maladie), est considérée comme un levier d’économies possible. Selon un rapport de la Cour des comptes publié en mai 2026, la branche AT-MP pourrait économiser jusqu’à 1 milliard d’euros sans remettre en cause la protection des salariés.

Les prochaines étapes

Les négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux vont se poursuivre dans les semaines à venir. Une réunion de suivi est prévue le 15 septembre 2026. Si aucun accord n’est trouvé d’ici le 30 septembre, le gouvernement pourrait légiférer par ordonnance. « Nous préférons une solution négociée, mais nous ne pouvons pas attendre indéfiniment », a prévenu la ministre.

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