Les aveux de Cédric Jubillar dans la disparition de son épouse Delphine, survenus le 6 juillet 2026, ne doivent pas occulter la réalité des féminicides en France, alertent les associations féministes. Selon le collectif Féminicides par compagnons ou ex, 145 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2025, soit une toutes les 2,5 jours. Ce chiffre, en légère baisse par rapport à 2024 (152), reste alarmant.
Un contexte de violences systémiques
Pour Caroline De Haas, porte-parole d'#NousToutes, « chaque aveu médiatisé crée l'illusion que la justice progresse, mais les féminicides restent un fléau quotidien ». Elle rappelle que 80% des femmes tuées avaient déjà subi des violences conjugales avant le drame. L'affaire Jubillar, qui a tenu la France en haleine pendant trois ans, illustre selon elle « la difficulté de protéger les femmes en danger ».
Des mesures insuffisantes
Malgré les plans gouvernementaux successifs, les associations dénoncent un manque de moyens. Le budget alloué à la lutte contre les violences conjugales en 2026 est de 1,2 milliard d'euros, mais seulement 40% des plaintes aboutissent à des condamnations, selon le ministère de la Justice. « Les bracelets anti-rapprochement ne sont portés que par 3 000 hommes, alors que 50 000 femmes sont en situation de grand danger », précise Émilie Oudin, présidente de l'association Solidarité Femmes.
Un procès qui interroge
Le procès de Cédric Jubillar, qui s'ouvre en septembre 2026, met en lumière les failles de l'enquête initiale. « Les aveux ne réparent pas la perte, mais ils permettent d'éviter un procès traumatisant pour la famille », estime Me Sophie Binet, avocate de la famille de Delphine. Cependant, pour les militantes, ce cas ne doit pas faire oublier les 145 autres victimes de l'année. « Chaque féminicide est un échec de la société », conclut Caroline De Haas.



