Le Hamas a annoncé lundi la dissolution de ses instances dirigeantes dans la bande de Gaza, après près de vingt ans de pouvoir sans partage. Cette décision pourrait ouvrir la voie à la gestion du territoire par un groupe de technocrates palestiniens désigné par le Conseil de paix du président américain Donald Trump, lors de la négociation du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas en octobre 2025.
Un comité prêt à prendre le relais
Le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) s'est immédiatement dit prêt, par la voix de son président, Ali Chaath, "à assumer ses responsabilités nationales, dès que les ressources et les capacités nécessaires seront disponibles". Sa mission sera de garantir une représentation palestinienne dans les institutions.
Des doutes sur l'efficacité de la dissolution
Mais "tout le problème est de vérifier désormais son efficacité", observe Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po Paris. Et la réalité de l'effacement du Hamas. Cette annonce, rendue publique à Gaza par Ismaïl al-Thawabta, directeur du bureau des médias du Hamas, pourrait surtout être le moyen, pour le mouvement responsable des attaques terroristes du 7 octobre 2023, d'enlever à l'État hébreu "des raisons de procéder à une annexion du territoire, projet qui est dans la tête de Benyamin Netanyahou", analyse le spécialiste en relations internationales.
Une manœuvre pour placer Israël en porte-à-faux
"Je n'exclus pas que ce soit une manœuvre pour placer Israël dans une situation de porte-à-faux vis-à-vis de Trump, explique-t-il, parce que plus ce comité aura une réalité, plus la marge de manœuvre de Netanyahou s'en trouvera réduite. En réhabilitant ce comité, le Hamas fait à Israël à peu près le même coup que l'Iran et le Hezbollah ont fait à l'État hébreu à travers les deux accords parrainés par les États-Unis. C'est-à-dire, 'si vous ne suivez pas, ça veut dire que vous êtes en conflit avec votre allié américain'."
La question cruciale du désarmement
Le vrai problème n'était pas, de plus, de savoir "si le Hamas allait quitter la direction administrative de la bande de Gaza, il a toujours dit qu'il était prêt à le faire, mais plutôt s'il va être désarmé, l'élément déterminant est là", souligne l'universitaire. Le Conseil de la paix a, d'ailleurs, demandé lundi au NCAG de Gaza de regrouper les armes présentes dans l'enclave et d'en assurer désormais le contrôle. En vain pour l'heure : le Hamas ne fournit toujours aucune garantie sur ce point crucial.



