La Métropole Nice Côte d’Azur a acté, ce lundi 22 juin 2026, la création d’un réseau de thalassothermie « totalement novateur » pour chauffer et climatiser tout le centre-ville de Nice, ainsi qu’à terme Villefranche-sur-Mer et Beaulieu. Cette technologie, déjà utilisée à Monaco et en construction à Cannes, permettra de produire du chaud et du froid grâce à l’eau de mer.
Un réseau furtif pour l'hyper centre
Dans un premier temps, l'hyper centre de Nice sera équipé, du boulevard Gambetta jusqu'au port. « Le principe retenu est celui de la furtivité », précise la direction technique du projet. La majeure partie des infrastructures sera enterrée pour ne pas défigurer le littoral. Une station d'échange captera l'eau de Méditerranée pour créer une boucle calorifique : l'énergie thermique de la mer chauffera le réseau domestique en hiver et le refroidira en été. Ce fluide tempéré sera acheminé jusqu'au pied des immeubles.
60 hôtels et 30 000 Niçois concernés
Le centre-ville a été choisi pour ses besoins élevés, garantissant un amortissement pour l'opérateur privé. Le secteur compte une soixantaine d'hôtels consommant 22 GWh pour la climatisation estivale et 27 GWh pour le chauffage hivernal. S'ajoutent une vingtaine de bâtiments publics (mairie, opéra, musée Masséna) et plus de 200 grosses copropriétés. Au total, 30 000 particuliers pourraient bénéficier du réseau, avec une consommation de 60 GWh principalement pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire.
10 000 tonnes de CO2 en moins par an
L'objectif est de substituer l'eau de mer à l'électricité, au fuel ou au gaz. Selon les estimations, ce réseau pourrait supprimer l'émission de 10 000 tonnes de CO2 par an, améliorer la qualité de l'air en supprimant les chaudières thermiques, et embellir le périmètre Unesco en débarrassant les toitures des blocs de climatisation. Les tarifs seront encadrés par la Métropole dans le cadre d'une concession de service public.
Calendrier : travaux en 2028
La délibération adoptée hier n'est que la première étape. Le règlement de la consultation sera publié dans les mois à venir pour choisir un opérateur privé. L'offre retenue ne sera pas connue avant fin 2027. Les travaux, d'envergure, s'étaleront sur plusieurs années, et l'exploitant aura 30 ans pour amortir son investissement, estimé entre 80 et 100 millions d'euros.
L'opposition craint un manque de moyens
Le nouveau plan climat 2026-2032, présenté par l'adjoint à l'Environnement Jean-Marc Governatori, prévoit aussi de sensibiliser la population via des « référents covoiturage ou potagérastion ». L'opposition, par la voix de Pierre-Paul Leonelli, estime « ne pas avoir de leçon à recevoir ». Juliette Chesnel-Le Roux, cheffe de file de la gauche écologique, juge le diagnostic « juste » mais craint que « les moyens politiques pour les atteindre ne soient pas au rendez-vous », pointant le développement de l'aéroport et l'abandon de la ligne 4 de tramway.



