Pour la deuxième fois en un an, des méduses ont provoqué l'arrêt total ou partiel de cinq réacteurs nucléaires d'EDF à Gravelines (Nord), ce mardi 11 août 2026. Cet incident porte à 13 sur 57 le nombre de réacteurs français concernés par une mesure de réduction ou d'arrêt, soit 20 % des capacités de production indisponibles, selon des calculs de l'AFP.
Le même phénomène s'était produit presque jour pour jour l'année précédente, le 11 août 2025, lorsque quatre réacteurs s'étaient arrêtés automatiquement après l'intrusion massive de méduses dans les stations de pompage. EDF a indiqué que la présence de méduses est habituelle à cet endroit et que les « mesures préventives prévues » ont évité tout dommage aux installations.
Un contexte de canicule et de sécheresse
Cet incident survient alors que la plupart des départements français sont placés en vigilance orange canicule pour mercredi et jeudi. La sécheresse, provoquée par la hausse des températures, contraint EDF à réduire ou à arrêter la production de certains réacteurs. Cette mesure vise à éviter de rejeter dans les fleuves des eaux de refroidissement plus chaudes ou des polluants chimiques, ce qui aggraverait la situation environnementale.
Le réchauffement des océans est également un facteur favorisant la prolifération des méduses, rappelle l'énergéticien.
Une éclipse solaire qui complique la donne
La sécheresse n'est pas le seul défi pour le réseau électrique français. Ce soir, une éclipse solaire entraînera une chute brutale de la génération d'électrons, indispensable à la production d'électricité. RTE prévoit une diminution de 1,8 gigawatt si le ciel est dégagé, soit l'équivalent de la production de deux réacteurs nucléaires.
Ces arrêts pour causes environnementales pourraient-ils peser sur le réseau ? À court et moyen terme, les conséquences semblent limitées. Sur l'année, ce type d'arrêt ne représente que -0,3 % de la production d'EDF.
Des pertes maîtrisées et des investissements prévus
Le gestionnaire prévoit que les arrêts environnementaux seront plus fréquents à l'avenir, mais les pertes estimées en 2050 ne devraient pas dépasser -1,5 % de la production d'électricité. EDF a anticipé le problème : des investissements sont prévus pour adapter les installations existantes, et les nouveaux réacteurs, dont la mise en service est prévue pour 2038, seront conçus pour résister à ce type de phénomènes.
Les consommateurs français ne devraient pas être fortement impactés, car la France exporte une grande partie de sa production électrique en été, une habitude qui permet d'amortir ces baisses de production.



