La France ambitionne d'augmenter ses capacités hydroélectriques de près de 440 mégawatts (MW) d'ici 2035, dans le cadre de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) publiée le 13 février 2026. Cette stratégie vise à renforcer l'indépendance énergétique du pays, comme l'explique Xavier Casiot, président de France Hydro Électricité, le syndicat regroupant les exploitants de petites unités de production.
Un potentiel encore sous-exploité
Selon Xavier Casiot, le potentiel de développement de l'hydroélectricité est important. La PPE a évalué un potentiel minimum, mais d'autres gisements n'ont pas encore été explorés. Le parc hydroélectrique français compte actuellement 25 000 MW de capacité installée. L'objectif est d'ajouter 440 MW supplémentaires d'ici 2035, soit une augmentation de près de 1,8 %.
Cette croissance repose sur plusieurs leviers : la rénovation des installations existantes, l'augmentation de puissance et le suréquipement des centrales, l'amélioration des rendements, le développement des stations de transfert d'énergie par pompage (Steps) – petites et grandes – et une meilleure valorisation de la flexibilité. La PPE met l'accent sur ces axes plutôt que sur la construction de nouveaux ouvrages, car sans entretien et modernisation, la production hydroélectrique, qui est renouvelable, prévisible et pilotable, diminuerait progressivement.
La flexibilité, clé de l'intégration des énergies variables
Xavier Casiot souligne l'importance de la flexibilité offerte par l'hydroélectricité. Avec le développement croissant des énergies solaire et éolienne, qui sont variables, il est nécessaire de disposer d'outils de back-up. Les Steps et mini-Steps constituent la batterie idéale pour compenser cette variabilité. « C'est vital », insiste-t-il. L'hydroélectricité est présente sur tous les segments du réseau électrique, à tous les niveaux de tension, du petit moulin à la très grande centrale, et fournit une multitude de services au système électrique.
La petite hydroélectricité, défendue par France Hydro Électricité, ne représente pas seulement quelques mégawattheures supplémentaires. Elle offre une électricité locale prévisible et de la flexibilité pour Enedis, le gestionnaire du réseau de distribution.
Le rôle essentiel des petites infrastructures
Contrairement à l'image souvent associée aux grands barrages, les petites infrastructures hydroélectriques jouent un rôle crucial. Elles constituent un tissu industriel local et représentent une part importante du potentiel de rénovation. Leur prévisibilité a une valeur significative dans un système électrique de plus en plus variable. Xavier Casiot explique qu'il existe des « péninsules électriques » où les outils de production locaux maintiennent le réseau. Si ces installations disparaissent ou perdent leurs qualités, cela pourrait déstabiliser le réseau et provoquer des coupures.
Interrogé sur la possibilité d'équiper des cours d'eau vierges malgré les contraintes écologiques, le président de France Hydro Électricité répond par l'affirmative, mais de manière ciblée et proportionnée. « Il ne s'agit pas de mettre des ouvrages partout », précise-t-il. Les projets en site neuf doivent identifier les bons sites : des seuils déjà présents, des infrastructures de Voies navigables de France (VNF) ou agricoles, des anciens moulins, des canaux, des réseaux d'eau potable, etc. Ces projets doivent avoir un faible impact environnemental, et les solutions environnementales sont déjà connues.



