Golfe : nouvelles routes pour l'or noir face à Ormuz
Golfe : nouvelles routes pour l'or noir face à Ormuz

Face aux tensions récurrentes dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole, les monarchies du Golfe accélèrent la diversification de leurs routes d'exportation. Selon un rapport publié par le centre de réflexion Gulf Research Center, plusieurs projets de pipelines et de ports alternatifs sont en cours ou à l'étude pour sécuriser l'acheminement de l'or noir vers les marchés asiatiques et européens.

Des projets de pipelines pour contourner Ormuz

L'Arabie saoudite dispose déjà de l'oléoduc East-West, d'une capacité de 5 millions de barils par jour, reliant les champs pétroliers de l'Est à la mer Rouge. Toutefois, ce pipeline ne fonctionne qu'à environ 50 % de sa capacité, selon les données du département de l'Énergie américain. Les Émirats arabes unis exploitent quant à eux le pipeline Habshan-Fujairah, qui permet d'exporter jusqu'à 1,8 million de barils quotidiens vers l'océan Indien, évitant ainsi le détroit.

Le rapport souligne que ces infrastructures, bien que stratégiques, ne suffisent pas à remplacer totalement le passage par Ormuz. « La capacité totale des pipelines alternatifs ne couvre qu'une fraction des volumes exportés par les pays du Golfe », indique le document, cité par le quotidien économique Les Échos. Les experts estiment que la marge de manœuvre reste limitée en cas de fermeture prolongée du détroit.

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Les ports alternatifs et la stratégie de diversification

Pour renforcer leur indépendance, les pays du Golfe développent également des ports en eaux profondes. Le port de Duqm, à Oman, fait l'objet d'investissements massifs, notamment de la part de l'Arabie saoudite et des Émirats, pour devenir un hub d'exportation vers l'Asie. De son côté, l'Irak étudie la construction d'un oléoduc vers la Jordanie, bien que le projet reste à un stade préliminaire.

Ces initiatives s'inscrivent dans une stratégie plus large de diversification économique, alors que les cours du pétrole restent volatils et que la transition énergétique mondiale se profile. « Les pays du Golfe veulent réduire leur vulnérabilité géopolitique, mais aussi préparer l'après-pétrole », explique un analyste du Gulf Research Center, cité par le journal.

Des limites techniques et financières

Malgré ces efforts, les obstacles demeurent. La construction de nouveaux pipelines nécessite des investissements considérables, estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars, et des délais de réalisation de cinq à dix ans. De plus, les capacités actuelles ne permettent pas de compenser une fermeture totale du détroit d'Ormuz, qui verrait le transport de plus de 20 millions de barils par jour interrompu.

Le rapport conclut que la sécurisation des routes alternatives est un « objectif à long terme », qui ne remplacera pas la diplomatie et la dissuasion militaire dans la région. Pour l'heure, les pays du Golfe continuent de dépendre largement de ce passage stratégique, tout en multipliant les parades pour en réduire les risques.

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