Le tribunal judiciaire de Grasse a condamné un jeune homme de 21 ans à deux ans de prison ferme et à une interdiction du territoire français pendant cinq ans. Mohamed Salah A., un Algérien, a été reconnu coupable de violences aggravées après avoir violemment agressé un homme venu s'interposer dans une altercation, le 22 août dernier, rue Bricka à Antibes.
Une altercation qui dégénère en violences
Ce matin-là, la victime, qui témoignait à la barre avec sa compagne présente pour le soutenir, a expliqué avoir tenté de s'opposer à une altercation entre un de ses amis et un inconnu qu'il considérait comme un livreur Uber Eats. La veille, un différend avait déjà opposé plusieurs individus dans cette rue, où se succèdent snacks et fast-foods, et le voisinage s'en était ému : « Ça gueule, ça crie dans cette rue, il y a souvent des bagarres ! », se désole un témoin anonyme.
Selon le témoignage, l'agresseur, fortement alcoolisé et muni d'une matraque télescopique, a frappé la victime à plusieurs reprises, l'envoyant à l'hôpital de La Fontonne. Les blessures, comprenant de nombreuses plaies et une fracture de la cloison nasale, ont entraîné 7 jours d'ITT. La victime a d'ailleurs appelé le 17 (Police secours) depuis sa voiture, tentant de retrouver son agresseur : « Je suis très blessé, lacéré. Je vais l'écraser si la personne n'est pas arrêtée ». L'intervention rapide de la police a permis de l'interpeller.
Des zones d'ombre et des antécédents troubles
Lors de l'audience, le prévenu, assisté d'une interprète, a affirmé « qu'on l'avait menacé la veille avec un couteau et humilié en l'obligeant à baisser son pantalon ». Cependant, la partie civile a insisté sur le fait qu'« il ne se souvient de rien... », évoquant « une dose massive d'alcool associée à un médicament dont il détourne l'usage (Lyrica) ».
Le procureur a déclaré « que ce sont des faits aussi simples qu'ils sont graves ». Il a requis 30 mois de prison et le maintien en détention. Me Sandra Russo, avocate du prévenu, a avoué « avoir du mal avec cette succession de coïncidences, ce qui s'est passé n'est pas clair. Il y a de nombreuses zones d'ombre ».
Une pratique qui interroge dans le quartier
Cette affaire a mis en lumière des tensions récurrentes dans ce quartier d'Antibes, où des commerçants avaient déjà exprimé leur détresse face à des agressions au couteau, des menaces de représailles et des attroupements de livreurs. La question de vieux contentieux entre livreurs au noir et livreurs officiels, avec des usurpations de numéros légaux ou des locations de comptes, semble se développer.
Le prévenu a finalement été condamné à 2 ans de prison avec maintien en détention, assortis d'une interdiction du territoire français pendant 5 ans. Cette décision marque une réponse judiciaire forte à des violences qui ont choqué le voisinage et les commerçants de la rue Bricka.



