Mercredi soir, lors d'une réunion publique organisée dans la salle des fêtes du Porge, environ 500 habitants ont exprimé leur colère face à la gestion de l'incendie qui a ravagé la Gironde en juillet. La préfète du département, Sophie Brocas, accompagnée de responsables des pompiers, de la gendarmerie et du maire Martial Zaninetti, a été vivement interpellée sur les choix stratégiques et le manque d'alerte.
Une réunion sous tension dès les premières minutes
Sophie Brocas a rapidement été prise à partie après avoir détaillé le déroulé des opérations des sapeurs-pompiers, au moment du déclenchement du feu, le 22 juillet à 12 heures dans la commune voisine de Saumos. Les questions fusaient : « Comment ce feu a-t-il pris de telles proportions ? », « Pourquoi cette stratégie ? », « Pourquoi n'avons-nous pas eu de message FR-Alert pour évacuer sur nos téléphones ? ». Des interpellations lancées par les 500 personnes rassemblées dans une salle surchauffée.
« Vous nous dites que vous avez fait au mieux, mais est-ce que vous cherchez des manquements ? », a encore lancé un habitant. Nelly, 58 ans, qui n'a pas donné son nom, a résumé le sentiment général : « Il y a eu des erreurs dans le travail des pompiers, qui n'étaient pas non plus assez nombreux. »
Le Sdis 33 et les volontaires DFCI au cœur des critiques
Le patron du Sdis (Service départemental d'incendie et de secours) 33, Marc Vermeulen, a également été particulièrement pris à partie, avec des questions directes comme « Est-ce que vous avez été débordés, oui ou non ? ». De nombreux volontaires de l'association DFCI (Défense des forêts contre l'incendie) ont demandé pourquoi leur parole « n'a pas été prise en compte », alors que « nous connaissons le terrain ». L'un d'eux, la voix étranglée, a affirmé : « Le feu brûlerait encore si on n'avait pas été là. »
Alain Blanc, 75 ans, volontaire de la DFCI et habitant « très en colère » du Porge, a témoigné : « Ce feu n'aurait pas dû prendre une telle ampleur, il aurait dû être maîtrisé dans la demi-heure qui suivait, j'y étais au départ. »
La préfète défend l'action des pompiers
Face aux invectives et aux cris de « Démission », Sophie Brocas a répondu : « J'ai du mal à entendre dire que les sapeurs-pompiers de Gironde sont incompétents. » À l'issue des trois heures et demie de réunion houleuse, elle a commenté : « On savait qu'il y avait de la colère et il faut qu'on l'entende, mais il y a eu des propos injustes. » Elle a rappelé que le mégafeu n'avait coûté aucune vie humaine et que « 90 % des habitations ont été sauvées ».
Le Porge, bourg de 3.500 habitants, est le village qui a perdu le plus d'habitations – plus de 180 sur un total de 250 – dans l'incendie qui a parcouru 42.000 hectares, du jamais vu depuis 1949 en France. Les habitants, toujours sous le choc, attendent désormais des réponses concrètes sur les éventuels manquements et les mesures pour éviter qu'une telle catastrophe ne se reproduise.



