Vers 23 heures, ce mardi 25 août 2026, des individus ont pénétré en voiture dans la résidence Sainte-Jeanne de Cannes La Bocca, dans le quartier de La Frayère, et ont ouvert le feu en direction d'un parking. Les forces de l'ordre ont rapidement bouclé le quartier, mais les tireurs avaient déjà pris la fuite. Aucune victime n'est à déplorer, mais une voiture en stationnement a été particulièrement ciblée, et une autre semble avoir été atteinte par ricochet. Une enquête a été ouverte.
Des douilles de calibre 12 retrouvées sur place
Sur le site, les enquêteurs de la police nationale ont retrouvé des douilles de calibre 12, correspondant à un fusil de chasse ou à pompe. Un habitant du quartier témoigne : « Comme d'habitude, des jeunes squattaient là à faire les choufs [des guetteurs, dans le cadre d'un trafic de stupéfiants]. On a entendu des crissements de pneus, puis on a d'abord pensé à de gros pétards mais c'était en réalité des coups de fusil et la police est arrivée peu après pour boucler tout le quartier jusque tard dans la nuit. »
Mobilisées au départ pour le feu d'artifice qui a été finalement annulé, les forces de l'ordre, dont une compagnie de CRS, ont été immédiatement redéployées pour quadriller les lieux. Un peu plus tard dans la nuit, une Renault Mégane complètement calcinée a été découverte abandonnée sur le chemin isolé du Béal, à proximité de La Frayère. Selon les enquêteurs, ce véhicule carbonisé pourrait être celui avec lequel les auteurs des coups de feu ont pris la fuite.
Le narcotrafic toujours présent malgré les opérations policières
Pour certains résidents du quartier, il ne fait aucun doute que cette fusillade est liée au trafic de stupéfiants. « Cela ressemble à des tirs d'intimidation, pour faire pression, comme pour récupérer un point de deal », affirme l'un d'eux. Malgré les opérations policières menées ces derniers mois, le narcotrafic semble toujours avoir établi domicile à Sainte-Jeanne, avec des tensions à la clé.
Ce mercredi, plusieurs habitants croisés dans le quartier ne dissimulent pas leur ras-le-bol et leur inquiétude. « Je suis arrivé ici il y a un mois et demi à peine mais si j'avais su que c'était comme ça à Sainte-Jeanne, je ne serais jamais venu ! », regrette un père de trois enfants. Un autre résident déplore : « Chaque jour, des dealers amènent leurs chaises et se plantent là en plein milieu de la cité, impunément à la vue de tous. Parfois, une patrouille de police municipale ne fait que passer et ces jeunes-là se permettent même de les insulter ! »
Laïd Bouzetit réclame plus de moyens et une réunion publique
Laïd Bouzetit, président du Syndicat d'initiative et de défense (SID) de Cannes-La Bocca, s'est rendu sur place pour constater les dégâts. Il s'insurge : « Vous vous rendez compte, une balle perdue aurait pu toucher une maman, un enfant ! Il faut davantage de présence policière, réellement dissuasive, y compris des agents municipaux car la Ville doit investir dans la sécurité plutôt que faire des économies de bouts de chandelle pour baisser les impôts. Il faut aussi le retour de médiateurs et éducateurs de quartiers sur place, pour un vrai travail de prévention. »
Une réunion publique sur le thème de la sécurité est prévue mardi prochain à 18 heures, salle de la Verrerie, à La Bocca. Dans l'immédiat, le temps est malheureusement aux détonations.



