Tarif agent : la CGT mobilise une centaine de manifestants à Béziers
Tarif agent : la CGT mobilise à Béziers

Une centaine de manifestants se sont réunis mardi 15 septembre devant la sous-préfecture de Béziers, à l'appel de la Fédération nationale des mines et de l'énergie CGT (FNME-CGT), pour défendre le tarif agent, une réduction des factures énergétiques dont bénéficient les employés d'EDF et de GDF depuis les années 1950. Cette mobilisation intervient après la publication, le 17 juillet, d'un rapport de la Cour des comptes remettant en cause cet acquis social.

Un rapport contesté par le syndicat

Dans son rapport, la Cour des comptes affirme que les bénéficiaires du tarif agent « acquittent désormais moins de 2 % des tarifs moyens de l'électricité ou du gaz payés par les consommateurs ». L'institution chiffre le coût de ce dispositif pour le groupe EDF à plus de 700 millions d'euros en 2024, le considérant comme une charge importante.

Les syndicats contestent cette analyse. « Il ne pèse pas plus de 1 % de la facture des usagers », estime Fabrice Coudour, secrétaire général de la FNME-CGT, qui représente le million de salariés français du secteur de l'énergie. Le syndicat dénonce une attaque contre « le statut, les conquis sociaux et le service public ». « Aujourd'hui, c'est le tarif agent qui est attaqué. Demain, ce sera quoi ? », s'indigne la fédération.

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Un « conquis social » défendu par les retraités

Au-delà des chiffres, les militants réunis à Béziers entendent protéger un acquis social. Plusieurs retraités d'EDF présents ont rappelé l'origine du tarif agent. « C'est un acquis, pas un avantage ! », s'exclame Henri. « Et je dirais même qu'à l'époque, c'était une compensation, car j'ai consenti à moins bien gagner ma vie pour rentrer chez EDF. En réalité, la Cour des comptes attaque nos acquis pour essayer de trouver de l'argent ».

Jacques, ancien agent EDF, élargit le propos : « Si j'avais carte blanche ? Je nationaliserai l'eau et l'électricité. Ce n'est pas normal que nos besoins primaires soient utilisés pour faire du profit. C'est devenu un problème d'intérêt général au regard du prix exorbitant des factures ». Il déplore également la fin des services locaux : « Aujourd'hui, tout se fait par internet. À Béziers, j'ai un ami qui est resté quatre jours sans électricité après la dernière tempête. Quand je travaillais, un tel problème était réglé dans l'heure ».

Une mobilisation qui pourrait s'intensifier

Pour Bruno, agent Enedis retraité depuis 4 ans, la ligne de conduite est claire : « On s'est battus pour obtenir ce droit social en 1946. On ne lâchera pas, car on croit dans le pouvoir des manifestations. Aujourd'hui, c'est calme, mais si nous n'obtenons pas gain de cause, ça risque de chauffer ».

La prochaine échéance est fixée au mardi 29 septembre, jour de grève générale des services publics. Les manifestants donnent rendez-vous pour cette nouvelle mobilisation.

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