Les syndicats CFDT et CGT interpellent le gouvernement sur la crise du carburant
Face à la flambée des prix du carburant, conséquence directe de la guerre au Moyen-Orient, les principales organisations syndicales françaises ont élevé la voix ce mardi. La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, et son homologue de la CGT, Sophie Binet, ont toutes deux appelé à des mesures d'urgence pour soutenir les salariés les plus affectés par cette hausse vertigineuse.
Un plan gouvernemental jugé insuffisant
Le gouvernement avait pourtant annoncé vendredi un plan d'aide de près de 70 millions d'euros, ciblé sur les secteurs de la pêche, de l'agriculture et des transports, et limité au seul mois d'avril. Une réponse que Sophie Binet qualifie sans ambages de « mesurettes », estimant que la situation actuelle est « au moins aussi grave que le choc pétrolier de 1973 ».
Marylise Léon, interrogée sur RTL, a reconnu que « certains secteurs effectivement doivent être soutenus », citant notamment les aides à domicile, les travailleurs sociaux, le personnel médico-social et les agents de la fonction publique qui dépendent de leur véhicule pour se rendre au travail. Elle souligne que ces professions sont majoritairement féminines et que les indemnités kilométriques actuelles, comme les « 0,35 euro par kilomètre » pour les aides à domicile, ne couvrent même pas les frais d'essence et d'entretien.
Deux visions syndicales pour une même urgence
La dirigeante de la CFDT a cependant exclu toute aide généralisée, arguant qu'on « n'a plus les moyens d'arroser le sable, comme on l'a fait en 2022 », période où les aides indifférenciées avaient principalement profité aux plus aisés. Elle lance plutôt « un appel aux entreprises et à l'État pour qu'ils fassent des aides ciblées », tenant compte des finances publiques et amorçant une vraie transition écologique pour réduire la dépendance aux énergies fossiles.
Elle plaide également pour une « responsabilisation des employeurs » et une dynamique de négociation salariale renforcée dans les secteurs concernés.
De son côté, Sophie Binet, sur France Info, a dénoncé le silence autour des « travailleurs et travailleuses » comme les aides à domicile, les infirmières et tous les salariés contraints d'utiliser leur voiture. Sa proposition phare : un blocage des prix de l'énergie. « Cette augmentation des prix des carburants, elle est injustifiée, c'est de la pure spéculation » des groupes pétroliers, a-t-elle affirmé, précisant que cette mesure « ne coûte rien aux caisses de l'État et permettrait déjà de stabiliser les prix ».
Le gouvernement campe sur ses positions fiscales
Malgré ces appels pressants, l'exécutif maintient sa ligne : aucune baisse des taxes sur les carburants n'est envisagée, alors qu'elles représentent 50 à 55% du prix à la pompe. Cette crise énergétique, amplifiée par le conflit au Moyen-Orient, place ainsi les syndicats et le pouvoir dans un face-à-face tendu, alors que le pouvoir d'achat des salariés les plus modestes est une nouvelle fois mis à rude épreuve.



