Alors que le prix des carburants ne cesse d'augmenter, de nombreux automobilistes s'interrogent sur l'intérêt de passer à la voiture électrique. Avec 36 216 voitures électriques immatriculées le mois dernier, représentant 27,5 % des véhicules mis en circulation depuis le début de l'année et 20 % des ventes de véhicules neufs en 2025, l'électrique séduit de plus en plus. Mais à partir de combien de kilomètres par an devient-elle réellement rentable ? Nous avons analysé trois profils types de conducteurs.
Le petit rouleur : moins de 5 000 km par an
Laetitia, habitante du centre-ville de Montpellier, parcourt moins de 5 000 km par an. Elle envisage l'achat d'une voiture électrique, notamment en raison du projet d'installation de bornes de recharge dans son immeuble et de la perspective du retour des zones à faibles émissions (ZFE). Cependant, avec un plein tous les deux mois, la rentabilité financière est difficile à atteindre. Prenons l'exemple d'une Renault 5 E-Tech, citadine la plus vendue en France en 2026, à partir de 25 000 € et offrant 312 km d'autonomie. Le coût annuel en électricité et entretien est d'environ 300 €, soit 600 € de moins qu'une voiture essence équivalente. Il faudrait près de huit ans pour amortir le surcoût à l'achat par rapport à un véhicule thermique neuf. Pour ce profil, le marché de l'occasion ou le cumul des aides de l'État sont des pistes à explorer.
Le gros rouleur : 25 000 à 30 000 km par an
À l'opposé, Paul, qui effectue quotidiennement le trajet Nîmes-Montpellier pour son travail, a déjà investi dans une Tesla et vient d'acheter un modèle d'occasion plus récent. Avec 25 000 à 30 000 km annuels, l'économie est significative. En prenant une Tesla Model Y, le modèle le plus vendu en France, et en rechargeant 80 % à domicile et 20 % sur superchargeur ou au travail, l'économie potentielle atteint environ 2 000 € par an. L'amortissement du surcoût à l'achat devient possible en quelques années, surtout si le véhicule actuel doit être remplacé de toute façon.
Le profil intermédiaire : 15 000 km par an
Pour un automobiliste parcourant environ 15 000 km par an, principalement sur des trajets sous 110 km/h, la rentabilité d'un véhicule électrique grimpe au-delà de cinq ans. Une solution intéressante est le leasing social, reconduit par le gouvernement pour juillet. Ce dispositif de location longue durée, avec un loyer mensuel inférieur à 200 € grâce aux aides de l'État, est accessible aux ménages modestes habitant à plus de 15 km de leur lieu de travail. Les places sont toutefois limitées.
Conclusion
La rentabilité de la voiture électrique dépend fortement du kilométrage annuel et des conditions de recharge. Les gros rouleurs sont les grands gagnants, tandis que les petits rouleurs doivent être attentifs aux aides et à l'occasion. Le leasing social offre une porte d'entrée pour les profils intermédiaires. Pour en savoir plus, rendez-vous au Salon des mobilités à Montpellier du 29 mai au 1er juin.



