À peine mises en place, les nouvelles règles d'accès aux déchèteries communautaires d'Estérel Côte d'Azur Agglomération font déjà grincer des dents. Depuis le 1er mai 2026, le nombre de passages gratuits annuels pour les particuliers est limité à quinze. Au-delà, des forfaits allant de 25 euros pour une voiture à 280 euros pour certains véhicules utilitaires s'appliquent. Cette réforme, présentée par la collectivité comme un moyen de mieux réguler les usages intensifs et de contenir les coûts du service, suscite la colère de nombreux habitants.
Des tarifs jugés « prohibitifs »
Sur le terrain, la pilule passe mal. Nicolas Lebrun, habitant de Saint-Raphaël, dénonce des tarifs « prohibitifs ». Il s'indigne : « Demander aux usagers des sommes si importantes, alors que c'était gratuit avant, n'est vraiment pas cohérent. Ce sont même des tarifs dissuasifs : on craint un effet pervers, voir se multiplier les dépôts sauvages dans les chemins, au bord des routes ou dans les espaces naturels. » Il est à l'initiative d'une pétition en ligne pour demander le retrait ou la révision du dispositif. « Mes voisins sont comme moi, abasourdis par cette nouvelle disposition. Si l'on respecte la nature, la logique voudrait que l'on incite au contraire à aller à la déchèterie le plus possible, ce devrait être simple et gratuit. Mais non... C'est un impôt déguisé. »
Une justification par l'augmentation des coûts
Les élus communautaires avaient justifié ces nouveaux tarifs par la nécessité de prévenir des abus constatés et par « l'augmentation constante des coûts de gestion, transport et de traitement des déchets », rendant indispensable une révision des tarifs pour financer au mieux le service. L'agglomération estime que quinze passages annuels couvrent largement les besoins d'un foyer. Mais Nicolas Lebrun assure devoir s'y rendre bien plus souvent : « Je vais l'exploser ce chiffre de quinze ! J'ai une maison avec un grand terrain, j'ai besoin d'aller souvent jeter les déchets, notamment les déchets verts... Quand je me permets d'utiliser le service des encombrants, on me répond qu'il y en a trop à chaque fois, et que je dois donc aller à la déchèterie ! »
Risque de dépôts sauvages
Lors du dernier conseil communautaire, les élus d'opposition avaient également souligné le risque de voir se multiplier les dépôts sauvages. M. Camilleri avait plaidé : « On craint que cela encourage des stratégies d'évitement. » Les élus de la majorité avaient rétorqué que chacune des communes était « attentive à ces abus et essaie de mettre en place des dispositifs pour détecter les contrevenants et les sanctionner ». La pétition, qui circule sur la plateforme mypetition.org, recueille déjà de nombreuses signatures. Les habitants espèrent faire fléchir l'agglomération sur ce qu'ils considèrent comme une mesure injuste et contre-productive pour l'environnement.



