Les soldes d'été s'achèvent ce mardi 28 juillet à Béziers, mais le bilan est loin d'être réjouissant pour les commerçants du centre-ville. Malgré une prolongation exceptionnelle décidée par le ministre du Commerce Serge Papin en raison de la canicule, la fréquentation est restée très faible, et les ventes n'ont pas décollé. "Ça a été catastrophique", résume Nathalie, gérante depuis neuf ans de la boutique éponyme rue du 4-Septembre.
Une météo défavorable et des clients absents
La chaleur intense a joué un rôle majeur dans cette désaffection. "Les magasins de centre-ville ont une clientèle plus âgée. Les jours les plus chauds, mes clients ne sortaient pas. Et quand on transpire, on n'a pas envie d'essayer des vêtements", explique Nathalie, qui voit la situation devenir pesante. Pour elle, l'obligation de faire des soldes pèse sur son activité : "Ça n'a aucun impact sur le chiffre d'affaires. Mais si on ne fait pas de soldes, les clients reposent directement l'article."
Cette année, les températures caniculaires ont dissuadé les clients de se déplacer, malgré les rabais annoncés. Les affiches "Derniers jours, derniers prix" ou "Tout à – 50 %" n'ont pas suffi à attirer les foules, comme le constatent les commerçants interrogés.
Une concurrence numérique implacable
Bruno, qui tient une bijouterie quelques pas plus loin, n'a mis en réduction qu'un petit étendoir de boucles d'oreilles. Pour lui, l'intérêt des soldes est limité : "Les soldes, ça fonctionne bien quand on vend énormément, sinon ça n'a limite pas d'intérêt." Il pointe du doigt la concurrence d'Internet : "Les soldes avec Internet, c'est toute l'année."
Cette concurrence numérique, couplée à la baisse du pouvoir d'achat et à l'inflation, érode l'attrait des soldes traditionnels. Nathalie est pessimiste : "En quelques années, il y a vraiment eu une baisse… Je pense que les commerces de centres-villes sont voués à fermer."
Un engouement historique en déclin
Les soldes existent depuis 1830, lorsqu'un vendeur d'étoffes parisien eut l'idée de baisser les prix pour écouler ses invendus. Le phénomène s'est répandu au point que l'État réglemente désormais deux périodes par an. Pourtant, 196 ans plus tard, leur rayonnement faiblit. Lors des soldes d'hiver précédents, entre le 7 et le 14 janvier, le chiffre d'affaires des ventes en magasin a reculé de 6,2 % en France. "Il y a eu de la pluie tous les soldes d'hiver, ça a été catastrophique pour nous", se souvient Nathalie.
Victoria, 27 ans, croisée dans la rue pavée, incarne ce nouveau rapport à la consommation : "Si j'ai besoin de quelque chose, je vais attendre les soldes. Mais je ne vais pas aller acheter quelque chose parce qu'il y a des réductions. Ça ne me fait pas plus consommer."
Un espoir pour le mois d'août
Malgré ce bilan mitigé, les commerçants biterrois espèrent un regain d'activité en août, mois traditionnellement plus touristique. La ville pourrait alors voir affluer des visiteurs prêts à consommer, redonnant un peu de souffle à un commerce local fragilisé. Mais l'avenir des soldes reste incertain face à des habitudes de consommation qui évoluent rapidement.



