Depuis l'été 2025, près de trois millions de bouteilles de la marque Perrier ont été détruites ou restent bloquées à l'usine Nestlé Waters de Vergèze, dans le Gard, après la détection de bactéries pathogènes, selon la cellule investigation de Radio France. Cette mesure de précaution massive fait suite à la détection de bactéries pathogènes ou d'indicateurs de possible contamination microbiologique dans les chaînes de production.
Un concurrent saisit la justice
Un concurrent du secteur des eaux minérales naturelles, situé en Savoie, Bonneval, a saisi la justice afin de faire annuler les autorisations préfectorales accordées à Nestlé Waters dans le Gard et les Vosges pour l'exploitation des marques Perrier mais aussi Hépar et Contrex.
Des microfiltres controversés
Après les traitements interdits des eaux par ultraviolets ou filtres à charbon, Nestlé avait installé un système de microfiltration, avec des microfiltres d'un diamètre de 0,2 micron, quand la réglementation réclame de rester au-dessus de 0,8 micron. En mai 2025, le préfet du Gard a mis en demeure le géant de l'agroalimentaire de cesser d'utiliser ces filtres, estimant qu'ils étaient en contradiction avec la réglementation. En juillet, Perrier a annoncé la mise en place d'un nouveau dispositif dans son usine, cette fois avec des microfiltres d'un diamètre de 0,45 micron. Six mois plus tard, le préfet du Gard avait donné son feu vert, une décision jugée non acceptable par Bonneval.
Détections de bactéries et perquisitions
Le 23 janvier, Nestlé Waters a détruit environ 370 000 bouteilles de 75 cl après la détection de bactéries coliformes. Quelques jours plus tard, d'autres palettes auraient été détruites après la détection d'une autre bactérie, Pseudomonas aeruginosa. Interrogé par Radio France, Nestlé Waters assurait alors qu'une anomalie avait été détectée tout en soulignant que des analyses de vérification avaient finalement écarté une quelconque contamination. Mardi 19 mai, des perquisitions ont eu lieu sur plusieurs sites de Nestlé Waters, dont celui de Vergèze, d'après Radio France.
Une tentative de reconquête
Le 12 mars, le groupe avait ouvert les portes de son usine gardoise pour tenter de faire oublier les polémiques et montrer la modernisation de sa chaîne de production. Malgré ces efforts, l'affaire continue de faire des vagues, avec des conséquences importantes pour la marque emblématique.



