Avec un chiffre d'affaires en hausse de 4,3%, atteignant 128 milliards d'euros en 2025, le marché de la restauration connaît pourtant sa plus faible hausse de fréquentation depuis la période post-Covid. Selon une étude du cabinet Gira conseil publiée mardi, la fréquentation n'augmente que de 1%, marquant une « année de bascule » pour le secteur.
Un marché toujours plus compétitif
La restauration hors domicile est dominée par la restauration commerciale (chaînes, groupes, indépendants, bars-brasseries) qui représente 58,7% du chiffre d'affaires total. Viennent ensuite les commerces alimentaires alternatifs (boulangeries, stations-service, snacking en grandes surfaces, commerces de bouche) avec 19,8%, la restauration collective avec 17,3%, la restauration hôtelière (3,9%) et la restauration automatique (0,2%).
Au sein de ce marché, la restauration traditionnelle avec service à table capte 44% du chiffre d'affaires, tandis que la vente au comptoir (restauration rapide et collective) en représente 56%. Le cabinet note que le nombre de points de vente a augmenté de 2,1%, dépassant les 415 500 en 2025, mais que la fréquentation stagne, avec une hausse de seulement 1%.
« Une année de sélection naturelle »
Bernard Boutboul, directeur du cabinet Gira conseil, analyse : « Ce n'est pas une année de crise, ce n'est pas une année de reprise. C'est une année de bascule très importante et même de sélection naturelle. » Dans ce marché polarisé, 60% des acteurs surperforment avec une augmentation de la fréquentation de 8 à 15%, tandis que 40% vacillent avec des baisses de 10 à 30%. « Il y a 100 restaurants qui ferment par an et il y en a 130 qui ouvrent », ajoute-t-il.
Un marché saturé par la restauration rapide
« On est aujourd'hui sur un marché saturé, qui n'est pas saturé par le restaurant traditionnel avec service à table, mais plutôt par la restauration rapide et les commerces alimentaires alternatifs », explique Bernard Boutboul, soulignant l'impact de l'inflation. « Aujourd'hui, le leader du déjeuner des actifs en France, c'est la boulangerie du coin, que vous soyez en milieu rural ou à Paris », affirme-t-il, notant que les boulangeries ont diversifié leur offre avec des plats cuisinés, des quiches, des pizzas et des salades composées.
Malgré tout, certains restaurants traditionnels, comme les bouillons ou les tables bistronomiques, parviennent à attirer les nouvelles générations de consommateurs et se maintiennent en bonne santé économique.



