La Maison de la presse de Pézenas, dans l'Hérault, ferme définitivement ses portes après quarante ans d'activité. Cette fermeture illustre à la fois le déclin de la presse papier et la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs, selon les explications du gérant et des clients.
Une fermeture après quarante ans d'existence
Le commerce, situé au cœur de la ville, a été contraint de mettre la clé sous la porte. Son gérant, Jean-Michel Roux, explique que les ventes de journaux ont chuté de manière continue depuis plusieurs années. « Nous vendions encore 150 journaux par jour il y a dix ans, contre une trentaine aujourd'hui », précise-t-il. La baisse est particulièrement marquée pour les quotidiens nationaux, tandis que la presse locale résiste un peu mieux, mais sans suffire à maintenir l'équilibre financier.
Les clients, eux, évoquent des choix contraints. « Avec l'augmentation des prix, je dois arbitrer entre le journal et d'autres dépenses. Souvent, je renonce au journal », témoigne un habitué. Un autre ajoute : « Je lis les titres sur mon téléphone, c'est gratuit. Mais ce n'est pas pareil. »
Un symbole de la crise de la presse papier et du pouvoir d'achat
Cette fermeture s'inscrit dans un mouvement plus large. Selon les données de l'Alliance pour les chiffres de la presse et des médias, la diffusion des quotidiens nationaux a reculé de 30 % en dix ans. Les kiosques et maisons de la presse ferment les uns après les autres, particulièrement dans les petites villes. Pézenas, commune d'environ 8 000 habitants, perd ici un commerce de proximité essentiel.
Le gérant souligne également l'impact de la baisse du pouvoir d'achat : « Les gens font attention à chaque euro. Un journal à 3 euros, c'est un luxe pour beaucoup. » Cette situation est aggravée par la hausse des coûts de distribution et du prix du papier, qui réduisent les marges des détaillants.
Des conséquences pour la vie locale et l'accès à l'information
La fermeture de la Maison de la presse prive Pézenas d'un point de vente de journaux, mais aussi de services associés comme la vente de timbres, de jeux à gratter ou encore le dépôt de colis. Pour les habitants les plus âgés, peu à l'aise avec le numérique, c'est un accès à l'information qui disparaît.
La mairie de Pézenas dit réfléchir à des solutions pour maintenir un service minimum, mais aucune décision concrète n'a été annoncée. En attendant, les clients devront se rendre dans les communes voisines pour acheter leur journal. Cette situation illustre les défis auxquels sont confrontés les commerces de proximité face aux mutations des habitudes de consommation et à la pression sur le pouvoir d'achat.



