Afghanistan : se taire serait abandonner les femmes
Afghanistan : se taire serait abandonner les femmes

Alors que l'Afghanistan est retombé sous le joug des talibans, le risque d'un oubli international est réel. Pourtant, se taire sur l'Afghanistan reviendrait à abandonner les femmes qui demandent la reconnaissance de leur combat. C'est le cri d'alarme lancé par plusieurs organisations de défense des droits humains, qui rappellent que la communauté internationale ne peut pas détourner le regard.

Un combat pour la reconnaissance

Depuis le retour des talibans au pouvoir, les femmes afghanes sont privées de leurs droits les plus élémentaires : éducation, travail, liberté de mouvement. Malgré cette répression, elles continuent de manifester, d'écrire, de se former en secret. Leur combat est celui de la dignité et de la liberté. Selon un rapport de l'ONU, le nombre de femmes incarcérées pour des motifs politiques a augmenté de 40 % en un an.

Les organisations appellent à ne pas céder à la lassitude. « Se taire sur l'Afghanistan reviendrait à abandonner les femmes qui demandent la reconnaissance de leur combat », insiste une porte-parole d'Amnesty International. Ce silence serait une victoire pour les talibans, qui cherchent à effacer les femmes de l'espace public.

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L'urgence d'une mobilisation internationale

La communauté internationale a les moyens d'agir : sanctions ciblées, soutien financier aux organisations locales, maintien d'un dialogue critique avec les autorités de facto. Mais ces mesures doivent être accompagnées d'une vigilance constante. En 2023, seuls 12 % des financements humanitaires pour l'Afghanistan ont été alloués à des programmes spécifiquement dédiés aux femmes.

Des voix s'élèvent également pour que la reconnaissance du combat des femmes afghanes ne soit pas seulement symbolique. Il s'agit de créer des canaux de solidarité concrets, comme des bourses d'études pour les femmes exilées ou des soutiens aux réseaux clandestins d'entraide. Selon un rapport de Human Rights Watch, les femmes afghanes sont les premières victimes de la crise humanitaire, mais aussi les premières à y répondre, en organisant des soupes populaires ou des écoles secrètes.

Un enjeu de mémoire et de justice

Se taire, ce serait aussi trahir la mémoire de celles qui sont mortes pour leurs droits. Les talibans ont déjà effacé les traces des vingt dernières années, mais les femmes afghanes refusent d'être effacées. Leur combat est un héritage pour les générations futures. Les organisations appellent à une journée internationale de solidarité avec les femmes afghanes, afin de maintenir le sujet dans l'agenda médiatique et politique.

En définitive, la reconnaissance du combat des femmes afghanes est un test pour la crédibilité des valeurs démocratiques. Selon une diplomate européenne, « l'Afghanistan est le miroir de notre propre humanité ». Ne pas agir, c'est accepter que la barbarie l'emporte. Le silence n'est pas une option, il est une complicité.

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