Une centaine de vols EasyJet au départ de la France sont annulés ce samedi et dimanche en raison d'une grève massivement suivie du personnel de cabine. À l'aéroport de Nice, plusieurs départs sont concernés, et les voyageurs sont invités à vérifier l'état de leur vol avant de se rendre à l'aéroport.
Une grève massive du personnel de cabine
Le mouvement de grève, déclenché à l'appel de l'intersyndicale d'EasyJet France, touche plus de la moitié des quelque 900 PNC (personnel navigant commercial) de la compagnie en France. Selon William Bourdon, responsable du syndicat SNPNC-FO, « la moitié des vols prévus samedi au départ de la France seraient annulés ». La compagnie a confirmé avoir « annulé à titre préventif une centaine de vols au départ de la France samedi et dimanche afin d'aider les passagers à s'organiser avant leur départ, notamment en leur proposant un transfert gratuit vers un autre vol ».
Des plannings constamment remaniés en cause
Les syndicats dénoncent une « dégradation continue » des conditions de travail, avec des plannings modifiés à la dernière minute. « Notre revendication principale, c'est la stabilité des plannings. Par exemple sur des bases comme Lyon, on a certains PNC qui vont avoir 50 voire 60 changements de planning par semaine », a expliqué William Bourdon. Il a ajouté : « Pour tout ce qui est vie personnelle ou garde d'enfants, c'est extrêmement compliqué de s'organiser parce que la plupart de ces changements interviennent au dernier moment, c'est-à-dire 24-48 heures avant » les départs.
Un système de réaffectations permanentes
« EasyJet fonctionne en termes de réseau (...) et on joue aux chaises musicales en permanence », a déclaré William Bourdon. Lorsqu'il manque du personnel sur une base, la compagnie envoie des salariés depuis une autre, puis doit à son tour déplacer d'autres personnels pour compenser, créant un système de réaffectations permanentes. Il cite le cas d'une hôtesse qui, après avoir prévu une rotation Lyon-Bordeaux, peut apprendre la veille qu'elle devra partir quatre jours depuis Porto, avant de voir son programme une nouvelle fois modifié au dernier moment pour enchaîner des vols entre Lyon, Nantes et Marrakech. « Au bout d'un moment, cela devient infernal », déplore-t-il.
La direction dénonce une action « opportuniste »
Dans une réaction transmise mercredi à l'AFP, EasyJet a appelé les syndicats « à renoncer à cette action opportuniste à une période aussi importante de l'année » que le week-end du 15 août, très chargé. La compagnie a déclaré avoir soumis des « propositions d'ajustements » visant à répondre aux demandes des syndicats, en soulignant que des négociations étaient prévues en septembre. Le précédent appel à la grève au sein d'EasyJet France pour le lundi de Pâques, en avril, avait eu des conséquences très limitées sur le trafic aérien. Le syndicat UNAC, qui avait appelé à cette grève, avait accusé la direction d'utiliser, comme par le passé, « l'arme » de « primes exceptionnelles » allant de 600 à 700 euros « par personnels qui vont accepter de travailler sur cette journée ». Interrogé par l'AFP, EasyJet a décliné tout commentaire « à ce sujet ».
William Bourdon a affirmé que cette fois, la prime aurait coûté deux fois plus que la grève, et que c'est « l'aspect financier qui les a freinés ». Il a également prévenu que toute tentative de contournement serait illégale : « Avant qu'on mette en place le préavis de grève, j'ai appelé la compagnie et je leur ai dit attention, c'est strictement illégal. Il y aura un contentieux immédiat ».
À Nice, l'aéroport recommande la vigilance
À l'aéroport de Nice, les voyageurs sont invités à suivre l'évolution du trafic et l'état des vols en temps réel, que ce soit pour les arrivées ou les départs. Il est recommandé de vérifier directement auprès de la compagnie les informations concernant son vol, afin d'éviter les mauvaises surprises. La grève intervient au cœur du chassé-croisé du 15 août, une période particulièrement chargée pour le trafic aérien, et pourrait avoir un impact significatif sur les retours de vacances.



