Diego Ventura : « Mes records ne sont que la conséquence de ma passion »
Diego Ventura : « Mes records ne sont que la conséquence de ma passion »

Diego Ventura, légende vivante du rejon, effectue son grand retour à Béziers le 15 août 2026, dix-huit ans après sa dernière apparition. Il y affrontera Lea Vicens dans un mano a mano très attendu. Dans un entretien accordé à Midi Libre, le cavalier se confie sur sa passion, ses records et l'avenir de la discipline.

Un retour chargé d'émotion à Béziers

« Je n'en garde que de magnifiques souvenirs : je suis sorti en triomphe lors de mes trois corridas biterroises ! Le public m'avait énormément soutenu. Je suis très heureux et motivé à l'idée de retrouver cette aficion pour laquelle j'ai une grande affection », confie Diego Ventura. Cette saison en France, il ne se produira qu'à Beaucaire et Béziers, soulignant le caractère spécial de ce rendez-vous avec Lea Vicens.

Le numéro un absolu du rejon

Considéré comme le numéro un absolu de sa discipline, Diego Ventura refuse de se focaliser sur les chiffres : « Je ne me fixe pas sur les chiffres. Plusieurs cavaliers évoluent actuellement à un niveau exceptionnel et font rayonner l'escalafón. L'essentiel pour moi est de vivre pleinement ce grand moment de ma carrière, appuyé par une écurie fantastique. » Il aborde chaque paseo « comme si c'était le dernier », avec l'objectif de « donner le maximum, se dépasser et offrir du plaisir aux gens ».

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Le travail et l'innovation au cœur de sa réussite

Interrogé sur le secret de la qualité constante de son écurie, Ventura répond sans hésiter : « Le travail, sans relâche. Il ne faut jamais s'endormir sur ses lauriers et chercher en permanence de jeunes montures au potentiel supérieur. Posséder une grande cuadra ne suffit pas, il faut refuser le confort. » Il ajoute que sa carrière est guidée par la recherche permanente de progression, tant dans son toreo que dans ses chevaux.

Une révolution économique et artistique

Diego Ventura a également contribué à améliorer la condition des rejoneadors. « Aujourd'hui, les cavaliers sont enfin rémunérés à la hauteur du monde qu'ils attirent, et les toros en corrida de rejon sont de bien meilleure qualité qu'autrefois », affirme-t-il. Cette amélioration est « le fruit d'un combat mené de haute lutte avec plusieurs confrères ».

Sa volonté d'innover sans cesse puise dans l'histoire : « À l'image de Morante de la Puebla à pied, j'essaie de revisiter les suertes antiques des grands cavaliers de l'histoire pour les réinterpréter avec la sensibilité du toreo moderne. » Cette recherche passionnante demande « de rêver et beaucoup travailler avec de nouveaux chevaux » pour créer des moments de magie en piste.

Records et duel avec Lea Vicens

Détenteur de tous les records, dont 10 Portes du Prince à Séville et 20 Grandes Portes à Madrid, Ventura relativise : « C'est une immense fierté, mais cela n'a jamais été un objectif en soi. Ces chiffres sont la simple conséquence de ma véritable motivation : bien toréer, donner du plaisir au public et explorer de nouveaux horizons artistiques. »

À propos de son duel avec Lea Vicens, il déclare : « J'espère que les arènes seront combles ! Nous sommes deux cavaliers au sommet de notre forme. Lea est une rejoneadora française de très haut niveau, dotée de très grands chevaux. Nous avons deux styles et deux personnalités très différents : le public va se régaler. »

L'avenir de la Fiesta et la relève Ventura

Diego Ventura salue le modèle français de rajeunissement des gradins : « Les organisateurs espagnols devraient s'inspirer du modèle français. Proposer des places pour les jeunes autour de dix euros est fondamental : un jeune ne peut pas emmener sa compagne voir plusieurs corridas si les prix sont prohibitifs. C'est un investissement vital pour l'avenir de la Fiesta. »

Enfin, évoquant son fils Jaime, qui a récemment impressionné l'aficion chez El Juli, Ventura reste prudent : « Il est encore très jeune ! Il va au collège, mais il monte tous les jours et adore toréer les vaches. Il a un potentiel évident et une vraie passion. On verra ce que l'avenir lui réserve, mais je serais ravi qu'il poursuive un jour le travail d'une vie, avec notre haras et notre élevage. Mais il a tout son temps pour choisir sa route. »

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