Le Royaume-Uni a autorisé le Foundayo, une pilule anti-obésité développée par le laboratoire américain Eli Lilly. Cette décision, annoncée mardi 11 août 2026, constitue une première en Europe. Le médicament, présenté comme une alternative aux injections, pourrait élargir l'accès aux traitements contre l'obésité.
Une autorisation historique en Europe
L'agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA) a donné son feu vert à la commercialisation du Foundayo. Cette pilule, prise par voie orale, vise les adultes souffrant d'obésité ou de surpoids associé à au moins une comorbidité. Selon le laboratoire, le Foundayo serait aussi efficace que les injections déjà commercialisées, mais avec une administration plus simple.
Eli Lilly précise que le Foundayo contient la même molécule que son injection vedette, le tirzepatide. Les essais cliniques ont montré une perte de poids moyenne de 15 % après 72 semaines de traitement, selon les données fournies par le laboratoire. Cette efficacité, comparable à celle des injections, pourrait séduire les patients réticents aux piqûres.
Un accès élargi grâce à la forme orale
La forme orale du médicament pourrait lever un frein majeur : la peur des injections. De nombreux patients abandonnent les traitements injectables par crainte des aiguilles. Le Foundayo, pris une fois par jour, pourrait améliorer l'observance thérapeutique. Selon le Dr Michael Anderson, endocrinologue au King's College de Londres, cité dans le communiqué de l'agence, « cette pilule représente une avancée significative pour les patients qui préfèrent une prise orale ».
Le Royaume-Uni devient ainsi le premier pays européen à autoriser ce traitement. Cette décision pourrait influencer les régulateurs d'autres pays, notamment la France. L'Agence européenne des médicaments (EMA) examine actuellement le dossier du Foundayo. Une décision est attendue d'ici la fin de l'année 2026, selon des sources proches du dossier.
Un marché en pleine expansion
Le marché des médicaments anti-obésité est en plein essor. Eli Lilly, concurrent direct du danois Novo Nordisk, espère capter une part importante de ce marché mondial estimé à 100 milliards de dollars d'ici 2030. Le Foundayo pourrait représenter un chiffre d'affaires annuel de 5 milliards de dollars pour le laboratoire américain, selon les analystes de Jefferies.
Cependant, le prix du médicament n'a pas encore été annoncé au Royaume-Uni. Aux États-Unis, où le tirzepatide injectable est déjà commercialisé, le coût mensuel avoisine 1 000 dollars. Le National Health Service (NHS) devra négocier un tarif abordable pour que le traitement soit accessible à un plus grand nombre de patients.
Des effets secondaires à surveiller
Comme les autres médicaments de cette classe, le Foundayo peut provoquer des effets secondaires, notamment des nausées, des vomissements et des diarrhées. Les autorités britanniques recommandent une surveillance médicale régulière pendant le traitement. Selon le Dr Sarah Jenkins, généraliste à Manchester, « il est essentiel que les patients soient informés des risques potentiels, mais les bénéfices en termes de perte de poids et de réduction des comorbidités sont significatifs ».
La décision britannique pourrait accélérer l'adoption du Foundayo dans d'autres pays. La France, où l'obésité touche 17 % de la population adulte, suit de près ces développements. L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a indiqué qu'elle examinerait le dossier dès que l'EMA aura rendu son avis. En attendant, les patients britanniques pourront se procurer le Foundayo sur ordonnance dans les prochaines semaines.



