Neuf syndicats représentant les sapeurs-pompiers professionnels et les personnels administratifs, techniques et spécialisés (PATS) des Services départementaux d'incendie et de secours (Sdis) ont déposé un préavis de grève nationale jeudi. Cette action vise à alerter sur leurs difficultés et à réclamer des moyens supplémentaires. Manuel Coullet, secrétaire général SUD Sdis National, qualifie cette union de « historique ».
Une mobilisation pour obtenir des réponses concrètes
La CFDT-SDIS affirme sur son site Internet : « Nous voulons du concret, et maintenant ! ». Cette mobilisation est décrite comme un « cri d'alarme » par les syndicats, qui prévoient une conférence de presse pour interpeller le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Manuel Coullet précise qu'il ne s'agit pas d'un appel à descendre dans la rue, mais que le préavis permettra aux collègues de se regrouper dans les casernes pour marquer leur soutien.
Des moyens humains et matériels insuffisants
Les pompiers dénoncent un manque de moyens humains pour renforcer les effectifs des Sdis. Manuel Coullet souligne que les pompiers professionnels partent en colonnes de renfort sur les feux de forêts pendant leurs congés, car les casernes manquent de ressources humaines pour assurer les interventions courantes. Ils pointent également un manque de moyens matériels, notamment pour lutter contre les feux de forêts. « Il n'est plus acceptable qu'un pompier attaque un feu avec un équipement qui ne correspond pas à la situation », ajoute-t-il, citant l'exemple des cagoules en coton inadaptées aux substances toxiques des fumées. Il propose l'achat de masques à cartouche, plus légers et utilisés par les pompiers européens.
Un projet de loi attendu et un dialogue sous tension
Interrogé sur RMC, Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, a assuré qu'un « dialogue permanent » est mené avec les syndicats et que « beaucoup de moyens » ont déjà été déployés. Manuel Coullet reconnaît que le budget de la Sécurité civile a doublé depuis les deux mandats d'Emmanuel Macron, mais précise que cela n'a permis que de se mettre à niveau après vingt ans d'inaction. Les pompiers réclament aussi un droit de regard sur le projet de loi sur la modernisation de la Sécurité civile, issu du « Beauvau de la Sécurité civile » lancé en 2024 par Gérald Darmanin. Un rapport de synthèse a été publié en septembre 2025, mais le contenu du projet de loi reste flou. Manuel Coullet s'interroge : « Près d'un an après, on ne sait toujours pas ce qu'il y a dans ce projet de loi. Existe-t-il réellement ? »
Jeudi, les syndicats seront reçus par le ministre de l'Intérieur pour un entretien très attendu. Manuel Coullet déplore que la Sécurité civile soit « le parent pauvre du ministère » et que le dernier service public envoyé partout se délite faute de moyens. Fin septembre, si la situation n'évolue pas, les pompiers professionnels envisagent de se joindre au mouvement de grève prévu par les agents de la fonction publique.



