Pescalune : commerçants mitigés, fréquentation en baisse
Pescalune : commerçants mitigés, fréquentation en baisse

À Lunel, le bilan économique de la Pescalune 2026 laisse les commerçants partagés. Si quelques établissements tirent leur épingle du jeu, un constat revient avec insistance : la fête attire moins de monde qu'auparavant. La fréquentation s'érode progressivement au fil des éditions, malgré un 14 juillet qui a fait le plein.

Des avis contrastés selon les quartiers

Place des Martyrs-de-la-Résistance, David, artisan chocolatier-glacier, n'a ressenti aucun effet particulier lié aux festivités. Les concerts organisés sur la place n'ont pas modifié son activité, et son chiffre d'affaires est resté « relativement normal », selon ses termes.

Du côté du restaurant Le Pavillon, le gérant Léo Jeanne se dit satisfait : « Pour nous, ça a été nickel. » Installé sur l'esplanade, l'établissement n'a rencontré aucun problème d'organisation et enregistre un résultat comparable à celui de l'an dernier. Toutefois, la forte chaleur a pénalisé les services de midi, un phénomène récurrent selon lui.

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Une érosion de la fréquentation inquiétante

Derrière cette satisfaction se cache une tendance plus préoccupante. « D'année en année, il manque du monde », observe Léo Jeanne. Une baisse perceptible surtout en journée, y compris lors des animations taurines. Seule la journée du 14 juillet a véritablement fait le plein, confirmant son statut de temps fort incontournable.

Willy Andrian, multicommerçant du cours Gabriel-Péri, à la tête notamment du National et du Wan, est encore plus sévère. Selon lui, la baisse de fréquentation fait consensus parmi les professionnels. « Les années passent et malheureusement, il y a de moins en moins de monde », résume-t-il. Paradoxalement, ses propres établissements s'en sortent plutôt bien, mais il refuse d'en faire une généralité : « On ne peut pas dire que la fête est réussie si un établissement travaille et que tous les autres sont vides. »

Des pistes pour relancer la fête

Willy Andrian avance plusieurs explications. Il estime que les animations sont peut-être trop concentrées autour des arènes et que la programmation peine à se renouveler. « On s'appuie sur un même programme depuis vingt ans. S'il y a moins de monde, c'est qu'il ne fonctionne plus », juge-t-il, invitant les organisateurs à reconstruire le projet. « Il faut qu'on arrive à repartir d'une page vierge. »

À l'office de tourisme du Pays de Lunel, le constat est plus mesuré. Son président, Philippe Gendre, attend la consolidation des statistiques avant de tirer des conclusions définitives. Les chiffres de fréquentation touristique ne sont pas encore disponibles. En revanche, plusieurs indicateurs restent encourageants. Comme chaque année, les demandes de programmes et d'informations sur la Pescalune ont constitué l'essentiel des sollicitations des visiteurs. L'office a même été en rupture d'affiches avant le début des festivités, preuve de l'attachement du public à cet objet devenu presque collector.

Un bilan contrasté

Au final, le bilan économique de cette Pescalune apparaît contrasté. Peu de commerçants évoquent une véritable catastrophe, mais nombreux sont ceux qui constatent une lente érosion de la fréquentation. La fête conserve des adeptes fidèles, mais son avenir semble incertain si la tendance se poursuit.

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