Le 21 juin 2026, lors de la Fête de la Musique à Paris, des milliers de personnes ont bravé les températures caniculaires et les interdictions officielles pour consommer de l'alcool dans les rues de la capitale. Malgré l'arrêté préfectoral interdisant la vente d'alcool à emporter dans plusieurs arrondissements, de nombreux fêtards ont été aperçus buvant de la bière et du vin en plein air.
Une canicule record et des consignes ignorées
Avec un mercure flirtant avec les 38 degrés, la ville de Paris avait pourtant émis des recommandations strictes pour éviter les excès d'alcool, source de déshydratation. La préfecture de police avait interdit la vente d'alcool entre 14h et 8h du matin dans les 1er, 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 7e, 8e, 9e, 10e, 11e, 12e, 14e, 15e, 16e, 17e, 18e, 19e et 20e arrondissements. Pourtant, selon les témoignages recueillis par Libération, les participants ont contourné la règle en achetant de l'alcool dans les supermarchés ouverts ou en apportant leurs propres bouteilles.
Un bilan mitigé pour les forces de l'ordre
Les policiers, déjà mobilisés pour la sécurité de l'événement, ont procédé à 145 verbalisations pour consommation d'alcool sur la voie publique, selon un bilan provisoire. Un chiffre en baisse par rapport à l'année précédente, mais qui ne reflète pas l'ampleur du phénomène. "Nous étions débordés, l'ambiance était festive mais beaucoup de gens ne respectaient pas les consignes", a confié un agent de la BAC sous couvert d'anonymat.
Les organisateurs pointés du doigt
La mairie de Paris, qui soutient la Fête de la Musique, a rappelé que l'interdiction visait à protéger la santé publique. "Dans un contexte de canicule, l'alcool peut être dangereux. Nous appelons à la responsabilité de tous", a déclaré un porte-parole de la mairie. Cependant, certains critiques estiment que les mesures étaient insuffisantes. "Il aurait fallu plus de contrôles et des sanctions plus sévères", a estimé le docteur Jean-Michel Lecerf, nutritionniste, interrogé par Libération.
Une tradition difficile à encadrer
La Fête de la Musique, qui attire chaque année des millions de personnes, reste un défi pour les autorités. Entre 2025 et 2026, le nombre de participants a augmenté de 12 %, selon les estimations de la préfecture. Cette affluence rend le contrôle de l'alcoolisation difficile. "C'est une fête populaire, l'alcool en fait partie, mais il faut trouver un équilibre", a commenté un sociologue spécialiste des foules.
Les riverains excédés
Les habitants des quartiers concernés ont exprimé leur mécontentement. "C'est infernal, les gens urinent partout, brisent des bouteilles et crient jusqu'à 4 heures du matin", a témoigné une habitante du 11e arrondissement. Des associations de riverains réclament des mesures plus strictes pour les prochaines éditions, comme l'interdiction totale de l'alcool sur la voie publique pendant l'événement.
Quelles solutions pour l'avenir ?
Face à ce constat, la mairie envisage de renforcer les contrôles et de multiplier les points d'eau gratuits pour limiter les risques liés à la chaleur. "Nous devons concilier fête et sécurité", a conclu le porte-parole. En attendant, l'édition 2026 restera marquée par une canicule et une consommation d'alcool massive, malgré les interdictions.



