Côte d'Azur : ils ont vendu leur voiture, pari réussi ?
Côte d'Azur : vendre sa voiture, pari réussi ?

Vendre sa voiture pour se déplacer autrement sur la Côte d'Azur : un choix que certains Azuréens ont fait, avec des résultats contrastés. Entre économies substantielles, sentiment de liberté et difficultés liées à un réseau de transports encore imparfait, ils racontent leur quotidien.

Des économies « colossales » et une nouvelle liberté

Pierre, 35 ans, habitant de Cagnes-sur-Mer, a vendu sa voiture en 2019, dix ans après l'avoir achetée. « J'ai gagné de la place, du stress et un poste de dépense en moins », confie-t-il. Fort de son expérience des transports en commun et du vélo en région parisienne, il a même déménagé en vélo-cargo. Travaillant à Antibes et Nice ouest, il estime que vivre sur la Côte d'Azur sans voiture est un pari réussi, à condition de choisir son lieu de vie : « C'est un projet de vie. J'ai justement choisi d'habiter à Cagnes pour cela, parce que c'est une commune centrale sur le littoral. »

Pauline, 31 ans, a également vendu sa voiture après 11 ans de conduite, en juin dernier. Habitant les collines niçoises, elle a investi dans un vélo électrique pour rejoindre son travail à La Victorine en 10 minutes. « La première motivation est financière, c'est colossal ce que j'économise. Grâce à cela je vais pouvoir faire un surf-trip au Maroc », se réjouit-elle, ajoutant : « Je mets tout autant de temps qu'avant mais j'ai gagné en liberté. »

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Des infrastructures encore perfectibles

Malgré ces témoignages positifs, Pierre souligne les progrès à faire dans les Alpes-Maritimes : « Quand je compare à certaines villes comme Grenoble ou Annecy, on trouve facilement dans les gares des vélos-cargos à louer en moyenne et longue durée. Ici c'est plus confidentiel. » Il regrette aussi le manque de services d'autopartage efficaces : « Quand j'ai vraiment besoin d'une voiture - deux fois dans l'année - je peine à trouver un service d'autopartage efficace, souvent les véhicules sont dispersés. »

Pauline, elle, note que tout n'est pas accessible. Sa famille habite sur les hauteurs de Cagnes-sur-Mer, « il y a une petite navette mais elle ne passe pas assez fréquemment pour que je l'utilise ». Elle déplore également l'opposition du nouveau maire de Cagnes à la ligne 4 du tramway : « Ma grand-mère ne conduit plus, ça aurait été une bonne nouvelle pour elle d'avoir cette option pour aller au marché aux fleurs… »

Les soirées et l'emploi pâtissent du manque de liaisons

Sylvie Dodu, sexagénaire vivant à Paris avec une résidence secondaire à Mandelieu-la-Napoule, se sent contrainte de rester dans sa commune. « C'est dommage, il est difficile d'avoir accès à des lieux culturels dans d'autres villes », explique-t-elle. La fréquence des bus et des trains est insuffisante à ses yeux, rendant une soirée au théâtre à Antibes ou un cinéma à Cannes « hors de portée ». Si elle salue des initiatives comme la navette des plages, elle souhaite des alternatives toute l'année et des tarifs ferroviaires moins élevés.

Experte en tourisme, elle soulève aussi la question de l'emploi : « Le manque de liaison le soir représente un frein, notamment dans la restauration. Avec des logements onéreux, si on ne peut pas se déplacer facilement, on limite forcément ses possibilités. »

La marche comme solution de repli

Carine, 42 ans, n'a jamais eu de voiture. Vivant à Levens, elle reconnaît des améliorations depuis son enfance où il n'y avait que deux bus par jour pour Nice. Mais la ligne 19 jusqu'à Vauban ne répond pas à tout : « Les parcours peuvent être compliqués selon l'endroit où l'on veut se rendre. Parfois cela me fait renoncer à certaines choses, comme un rendez-vous chez tel ou tel coiffeur. Et pour le reste, bien souvent je finis par opter pour la marche. » Elle se rend ainsi à Aspremont à pied, soit 10 à 15 kilomètres. Pour les soirées sur le littoral, les transports s'arrêtent vers 21 heures, obligeant à recourir au taxi ou à Uber : le trajet entre le cours Saleya et le centre de Levens est estimé à minimum 95 euros sur l'application. (1) Le prénom a été modifié à sa demande.

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