Les couvre-feux visant à interdire les décollages ou atterrissages à certaines heures ne constituent pas une solution miracle contre les nuisances sonores des aéroports, a estimé jeudi le régulateur français. Actuellement, quatre aéroports du pays (Bâle-Mulhouse, Beauvais, Nantes et Orly) ainsi qu'un aérodrome (Saclay-Versailles) sont soumis à ces restrictions. Plusieurs autres plateformes, dont le plus grand aéroport de France, Roissy-Charles-de-Gaulle, appliquent des limitations de volume sonore en fonction des horaires.
L'Acnusa recommande des mesures alternatives
Dans son rapport annuel, l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa) recommande de ne pas étendre le nombre de couvre-feux, bien que ceux-ci soient plébiscités par les riverains. « L'Autorité préconise ainsi une programmation des vols permettant de prévenir les manquements nocturnes et des restrictions progressives fondées sur les performances acoustiques certifiées des aéronefs », a-t-elle expliqué dans un communiqué. Elle considère ces mesures comme « préférables à une généralisation des couvre-feux dangereuse pour le dynamisme économique dont la France a tant besoin ».
Une baisse des poursuites contre les compagnies
Le régulateur a défendu l'efficacité de son rôle de prévention, grâce à « un dialogue exigeant entre les différentes parties prenantes pour réduire les nuisances, notamment la nuit ». En 2025, l'administration a engagé 447 poursuites contre des compagnies aériennes, soit une diminution de 34 % par rapport à l'année précédente, et de 53 % par rapport au pic de 2022. « Cette tendance s'explique par un accompagnement renforcé des compagnies aériennes et des sanctions progressivement plus sévères, à mesure que les règles sont mieux connues », a souligné l'Acnusa.



