Alors que les températures estivales grimpent, les habitants des derniers étages subissent des conditions de vie extrêmes, avec des températures intérieures atteignant 40°C. Ce phénomène, amplifié par le réchauffement climatique, pousse les résidents à s'interroger sur les responsabilités des promoteurs immobiliers et des pouvoirs publics.
Des appartements invivables en été
Dans les immeubles anciens comme récents, les logements situés sous les toits deviennent de véritables fournaises. Selon une étude de l'Agence de la transition écologique (Ademe), les températures peuvent y dépasser de 10°C celles des logements situés aux étages intermédiaires. Les habitants témoignent de nuits sans sommeil et de conditions de travail impossibles.
« C'est invivable. On a acheté cet appartement pour la vue, mais on ne peut pas y rester l'été », explique Marc, propriétaire d'un deux-pièces sous les toits à Paris. « On cherche des solutions, mais les promoteurs n'ont pas prévu d'isolation thermique adaptée. »
Des normes de construction insuffisantes
Les experts pointent du doigt les normes de construction, qui n'ont pas été conçues pour faire face à des épisodes de chaleur aussi intenses. La réglementation thermique RT 2020, qui vise à améliorer la performance énergétique des bâtiments, ne prend pas suffisamment en compte le confort d'été, selon plusieurs associations de consommateurs.
« Les promoteurs construisent des passoires thermiques en été, avec des toitures mal isolées et des fenêtres non orientées », dénonce Jean-Claude, membre de l'Union nationale des associations de logement. « Il faut revoir les normes pour imposer des protections solaires et une ventilation efficace. »
Une responsabilité partagée
Les habitants se tournent vers les promoteurs, mais aussi vers les pouvoirs publics. « On a l'impression d'être abandonnés. Les politiques parlent de transition écologique, mais rien ne change pour nous », regrette Sophie, locataire d'un studio sous les toits à Lyon. « Un jour, il y aura des morts, et on cherchera des responsables. »
Les collectivités locales commencent à réagir. La ville de Paris a annoncé un plan de rénovation des toitures pour 2025, visant à installer des toits végétalisés et des brise-soleil. Mais ces mesures sont jugées insuffisantes par les associations, qui réclament des aides financières pour l'isolation et la climatisation.
Des solutions techniques existent
Plusieurs solutions techniques permettent de réduire la chaleur sous les toits : isolation renforcée, toits végétalisés, stores extérieurs, ou encore ventilation naturelle. Selon l'Ademe, ces mesures peuvent réduire la température intérieure de 5 à 10°C. Mais leur coût reste un frein pour de nombreux ménages.
« On ne peut pas demander aux gens de supporter 40°C chez eux. Il faut des aides publiques pour financer ces travaux », insiste Marc. « Sinon, on va vers une crise sanitaire. »



