Unesco : collecte de témoignages sur les savoirs anciens du Var
Unesco : collecte de témoignages sur les savoirs anciens

Un appel à témoignages vient de s'ouvrir pour recueillir les souvenirs et les gestes des anciens autour des savoir-faire locaux, dans le cadre de la préparation de l'atlas du patrimoine immatériel lié à la candidature au label Géoparc mondial de l'Unesco. Cette collecte, qui durera trois mois, vise à documenter des pratiques comme la cuisine des rastègues, la cueillette du rampoucho ou la culture des asperges sauvages, avant qu'elles ne disparaissent.

Un projet de territoire pour l'Unesco

Le projet de Géoparc mondial de l'Unesco, qui doit être officiellement présenté en 2027, couvrira une zone allant de Sanary dans le Var à Vallauris dans les Alpes-Maritimes, incluant les massifs des Maures, de l'Estérel et du Tanneron. Au-delà de la richesse géologique, l'ambition est de mettre en valeur le patrimoine culturel immatériel, qui fait partie de l'identité locale.

Véronique Lenoir, vice-présidente du conseil départemental du Var, souligne que la géologie locale est « un patrimoine d'importance majeure » et que le label vaut reconnaissance internationale. La collecte permettra de « remplir les manques » en matière de recherche sur cette zone, qui s'avère sous-dotée. Une convention a d'ailleurs été signée avec le CNRS pour appuyer cette démarche.

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Des savoirs culinaires et artisanaux à préserver

L'appel à témoignages concerne aussi bien la cuisine que l'herboristerie, la cosmétique ou la macération alcoolique. Le chef provençal Gui Gedda évoque avec nostalgie la soupe au pistou, les salades sauvages comme le rampoucho, le mourre-de-porc ou la doucette amère, sans oublier les asperges sauvages et la coustelline, appréciée des enfants pour son goût non amer.

André Del Monte, du restaurant Maurin-des-Maures au Rayol-Canadel, est un autre complice de cette collecte. La ratatouille y est préparée selon un cérémonial précis, et la bouillabaisse y est réputée. Les rastègues, ces anémones de mer, sont également à l'honneur. Le chef Jérôme Masson, dont le restaurant La Rastègue à Bormes-les-Mimosas porte ce nom, raconte qu'il les ramassait pour un restaurant étoilé. « Aujourd'hui, je sais où il y en a, mais je ne vais pas prélever la ressource, qui est de plus en plus rare », explique-t-il, soulignant la nécessité de préserver cette ressource.

Des traditions modernisées

Les savoir-faire autour du chêne-liège et de la canne de Provence sont aussi concernés. L'artisan Gabriel Martinerie innove en fabriquant du mobilier en liège plein et brut, une démarche « locale, originale et naturelle » qui « modernise la matière », considérée comme un trésor inexploité. La canne de Provence, quant à elle, est essentielle à la fabrication des anches pour instruments à vent, et le Var est « l'un des seuls endroits dans le monde où la canne a cette qualité de souplesse ».

Le patrimoine immatériel inclut également l'art du costume provençal, différent de celui d'Arles ou du Vaucluse, et les danses locales comme « la danse de la souche », liée à la viticulture. Des rites religieux spécifiques sont aussi répertoriés, dans une « hybridation » des cultures méditerranéennes à travers les siècles.

Pour Christine Amrane, maire de Collobrières, « connaître la beauté et l'histoire du territoire permet de le respecter ». Ce patrimoine culturel a besoin d'être raconté et sauvegardé. L'appel à témoignages se fait via un questionnaire en ligne, et il est recommandé de le remplir avec les anciens si possible.

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