La consommation de tabac poursuit sa baisse en France, portée par une diminution des ventes légales et une prévalence du tabagisme quotidien à des niveaux historiquement bas. Selon le rapport annuel de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publié mercredi, les volumes de tabac vendus dans le réseau des buralistes ont diminué de 8,2 % par rapport à 2024. Cette baisse est moins marquée dans les départements frontaliers, car la Belgique et le Luxembourg ont augmenté leurs taxes, réduisant ainsi l'avantage fiscal qui attirait les fumeurs français.
Ventes totales et chiffre d'affaires
Les ventes totales en métropole dans ce réseau de commerçants s'élèvent à 30 165 tonnes en 2025, après 32 846 tonnes l'année précédente. Malgré la diminution des volumes, le chiffre d'affaires global du tabac atteint 18,4 milliards d'euros en 2025, un niveau quasi-stable depuis 2017 avec une croissance moyenne de 0,2 % par an.
Évolution par catégorie de produits
Si les ventes de cigarettes et de tabac à rouler baissent respectivement de 8,7 % et 9,6 % en 2025 par rapport à l'année précédente, celles des narguilés, tabac à pipe, blunts ou autres tabacs à fumer grimpent de 5,8 %.
Baisse du tabagisme quotidien
La France fume moins : moins d'un adulte de 18 à 75 ans sur cinq déclarait fumer quotidiennement en 2024, soit la prévalence la plus faible jamais enregistrée depuis 2000, souligne l'OFDT. Cette tendance se retrouve chez les jeunes. Alors qu'en 2010, 30,8 % des lycéens fumaient tous les jours, la proportion chutait à 5,6 % en 2024. En revanche, l'usage quotidien de la cigarette électronique parmi les lycéens poursuit sa progression.
La France fait dorénavant partie de la dizaine de pays, principalement nordiques, dont le niveau de tabagisme quotidien est inférieur à 5 %, relève l'OFDT. Cela s'accompagne d'une hausse des ventes de traitements nicotiniques de substitution en pharmacie (+ 7 % en 2025 par rapport à 2024).
Marché parallèle et saisies
Les volumes de tabac vendus renvoient à trois catégories : les ventes légales chez les buralistes, les ventes légales à l'étranger ou en duty free, et celles illégales. Seules les premières font l'objet d'un suivi régulier par la déclaration aux douanes des livraisons aux débitants de la métropole, rappelle l'OFDT. La France reste une destination privilégiée pour le tabac de contrebande, en tant que marché de consommation finale mais aussi en tant que pays de transit vers l'Irlande et le Royaume-Uni, selon les douanes qui relevaient pour 2025 une hausse de 24,5 % des volumes de cigarettes saisies, et au total 547,94 tonnes de tabac interceptées (cigarettes, tabac à mâcher, narguilé, cigares, etc.).



