Bac pro : le casse-tête des examens en pleine vague de chaleur
Bac pro : le casse-tête des examens en pleine canicule

À la veille des épreuves du bac professionnel, le gouvernement a appelé les chefs d’établissements au « bon sens » pour faire face aux fortes chaleurs. Les syndicats, quant à eux, déplorent un manque d’anticipation et l’absence de mesures structurelles.

Des épreuves sous une chaleur écrasante

Environ 194 000 candidats du baccalauréat professionnel passent ce jeudi 28 et ce vendredi 29 mai 2026 des épreuves écrites, en pleine vague de chaleur particulièrement précoce. Elle devrait se poursuivre au moins jusqu’à ce week-end en gagnant progressivement les régions de l’est, selon Météo-France, qui a placé 13 départements de l’ouest en vigilance orange canicule ce mercredi.

Le ministre privilégie le « bon sens »

Le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a écarté l’idée de reporter les épreuves, rappelant des mesures de « bon sens ». Le ministère a ainsi appelé mardi les chefs d’établissements ou de centres d’examen à privilégier les salles à l’ombre, fermer les stores, permettre aux élèves de sortir de la salle pour se désaltérer, « dans la mesure du possible » et « sous réserve des configurations locales ».

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Les syndicats dénoncent un manque d’anticipation

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, majoritaire dans le second degré, relève que « pour les examens, certaines épreuves ont été placées le matin, mais il reste de nombreux angles morts ». Elle ajoute : « Les locaux sont tout aussi inadaptés pour les cours que pour les examens […] et les points d’eau ne vont pas apparaître par miracle cette nuit. »

Grégoire Ensel, porte-parole de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), se dit « effaré ». Les canicules de mai à septembre sont « annoncées par les climatologues » et donc « totalement prévisibles », or « ce qu’on constate c’est qu’il n’y a pas de mesures, de plans anticipés pour les établissements scolaires, qu’il s’agisse des écoles, collèges, lycées ou encore de cette période d’examens. »

Des situations très variables selon les établissements

En Gironde, les températures maximales devraient être comprises entre 35°C et 37°C ce jeudi. Eric Mouchet, secrétaire du SNETAA-FO pour l’académie de Bordeaux, déplore : « C’est toujours pareil, ce n’est pas préparé, pas organisé. On a l’impression qu’ils ne vont rien faire tant qu’il n’arrivera pas quelque chose de grave et en attendant, c’est à chacun de se débrouiller. »

Gwenaëlle Durand, secrétaire générale du syndicat des infirmiers scolaires SNIES-UNSA, prévient : « Il y a des établissements qui n’ont pas d’infirmières depuis longtemps, sans contractuel pour les remplacer. »

Selon Géraldine Jousseaume, secrétaire du SNUEP-FSU pour l’académie de Bordeaux, le proviseur de son lycée à Blaye (Gironde) privilégie « déjà » les salles à l’ombre, « mais c’est à la marge ». Elle explique : « On n’a pas beaucoup de latitude, il faut que les salles soient assez grandes et leur exposition au soleil n’est pas la même le matin et l’après-midi. » De plus, les numéros de salles figurent déjà sur les convocations et ne sont « pas modifiables ».

Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs d’établissements ID-FO, pointe des situations « extrêmement variables d’un établissement à l’autre », en fonction de l’état du bâtiment et des moyens dédiés.

Isabelle Aubry, secrétaire du SNETAA-FO pour l’académie de Limoges, rappelle : « La plupart des bâtiments ne sont pas bien isolés, or le phénomène est récurrent, l’an dernier on avait mesuré des températures à plus de 30 degrés dans les salles d’examen. » Selon elle, « ce qui manque fondamentalement, c’est l’anticipation sur la durée, d’investir dans des climatiseurs, des brumisateurs, des communes le font par exemple pour leurs écoles ». Dans son établissement, à Saint-Junien (Haute-Vienne), « on prévoit déjà les examens dans les salles du rez-de-chaussée et on privilégie les ailes orientées au nord », mais elle n’est « pas sûre que tous puissent le faire, en centre-ville notamment ».

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Le ministère renvoie aux collectivités locales

Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Éducation nationale souligne ne pas disposer de budget pour aménager les sites scolaires, qui relèvent des collectivités locales. Il rappelle le programme EduRénov, lancé en mai 2023 par la Banque des Territoires, qui a permis de mobiliser une enveloppe de 2 milliards d’euros de prêts pour financer les travaux de rénovation de 10 000 écoles, collèges et lycées d’ici à 2027. À ce jour, plus de 6 200 projets sont engagés.

Les épreuves écrites du bac général commenceront le 11 juin 2026, avec l’épreuve anticipée de français.