Les violences urbaines qui ont secoué Paris et plusieurs grandes villes françaises samedi et dimanche ont laissé des traces profondes dans le tissu commercial. Selon le bilan communiqué lundi par le ministre du Commerce Serge Papin, au moins 3.000 commerces ont été victimes de dégradations ou de pillages. Face à cette hécatombe, le gouvernement a annoncé des mesures d'aide aux commerçants, notamment le recours au chômage partiel dès mardi et la création d'un « fonds de soutien spécifique ».
Le Medef appelle à un sursaut national
En déplacement lundi auprès de commerçants parisiens, le président du Medef, Patrick Martin, a estimé qu'il était « grand temps que le pays se ressaisisse ». Il a invité « tous les chefs d'entreprise » à « s'exprimer et faire valoir que ça suffit et que ce pays veut vivre dans la sérénité ». Le responsable patronal s'est également inquiété des conséquences de ces événements sur l'attractivité française : « J'ai eu pendant ce week-end plusieurs appels de l'étranger », a-t-il confié, évoquant « la dégradation de l'image de la France ».
Des forces de l'ordre « sous-dimensionnées » et un suivi psychologique
Patrick Martin a aussi considéré que les forces de l'ordre avaient été « d'évidence sous-dimensionnées » face aux violences du week-end, sans se prononcer sur un éventuel durcissement du maintien de l'ordre. Il a également insisté sur les conséquences humaines des attaques, certaines victimes ayant été physiquement blessées. « Il va y avoir un suivi psychologique dans un certain nombre de cas », a-t-il précisé. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux préfets de mettre en place des couvre-feux partiels et localisés dès lundi soir pour protéger notamment les commerces.
Le mouvement contre la vie chère se poursuit
Les manifestations du 17 octobre contre la « vie chère » se sont déroulées en grande partie dans le calme, mais ont été accompagnées de violences et de pillages dans plusieurs villes françaises. La mobilisation devrait toutefois se poursuivre. Lundi, la coordination des gilets jaunes à l'origine du mouvement a appelé à deux nouvelles journées d'action, les samedis 24 et 31 octobre.