Le Tour de France 2026 a débuté lundi par une troisième étape reliant l'Espagne aux Angles, dans les Pyrénées-Orientales, sans passer par Nîmes. Pourtant, la préfecture du Gard s'est habituée à accueillir la Grande Boucle : sous les quatre mandats de Jean-Paul Fournier (2001-2026), elle a été étape à six reprises, se classant septième ville la plus visitée depuis 2000 derrière Paris, Pau ou l'Alpe-d'Huez.
Un passé glorieux mais un avenir incertain
La dernière venue du Tour à Nîmes remonte à 2024, avec une victoire du Belge Jasper Philipsen au sprint sur le boulevard Salvador-Allende. « Le Tour est une fête, une grande fête populaire pour petits et grands. Il y a une relation privilégiée entre Nîmes et cette compétition emblématique, troisième événement le plus médiatisé au monde », s'était réjoui Jean-Paul Fournier. Le directeur du Tour, Christian Prudhomme, avait même qualifié Nîmes de « capitale des sprinteurs ». Au total, depuis 1903, la ville a accueilli l'épreuve à vingt reprises, dont la première fois en 1905. Mais des périodes de disette ont existé, notamment entre 1958 et 1986, puis jusqu'en 2004.
La nouvelle majorité prudente
Accueillir le Tour relève d'une volonté politique. Interrogé samedi après le conseil municipal, l'adjoint aux sports Bruno Ferrier (majorité de Vincent Bouget) a tempéré : « Une étape du Tour, pourquoi pas… Mais il y a d'abord plusieurs éléments à étudier, à commencer par le coût. Il faut aussi prendre en compte les perturbations éventuelles. Lorsque Nîmes a été le grand départ du Tour d'Espagne en 2017 (contre-la-montre par équipes), toute la ville a été bloquée plusieurs heures, et le récent triathlon Monumental nous a rappelé que cela peut être problématique. »
Le cabinet du maire Vincent Bouget confie à Midi Libre : « À l'heure des budgets toujours plus contraints, et selon le coût, ce ne sera peut-être la priorité. » Toutefois, l'exécutif assure n'avoir « rien contre le vélo, bien au contraire ». Preuve : Nîmes accueillera l'Étoile de Bessèges lors de l'édition 2027, une première depuis longtemps.
Concurrence de Montpellier
Ce positionnement timide pourrait repousser le retour du Tour. Christian Prudhomme a besoin de sentir son épreuve désirée. Or, le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a su replacer sa ville sur la carte en 2025 après des années de bouderie, renouant des liens étroits avec l'organisation. Si concurrence il y a entre les deux villes voisines, Montpellier semble en pole position pour les prochaines éditions.



