Depuis le 6 juillet, les groupes scolaires Paul-Bert et Jean-Macé de Millau bénéficient de travaux d'adaptation climatique, après Jules-Ferry en 2024 et Beauregard en 2025. La municipalité repense leurs espaces extérieurs pour limiter les îlots de chaleur et améliorer le confort des élèves et des équipes éducatives.
Plus d'arbres, moins de bitume
L'objectif est de redonner de la place à la nature. Des arbres à large feuillage seront plantés pour offrir davantage d'ombre, et la végétation existante sera renforcée. À Paul-Bert, le mur végétalisé sera conservé et développé ; à Jean-Macé, le tilleul déjà présent deviendra un élément central de l'aménagement. Des plantes grimpantes compléteront ces nouveaux espaces.
Les surfaces minérales, qui emmagasinent la chaleur, seront remplacées par des revêtements drainants. Les aires de jeux seront aménagées avec des copeaux de bois issus du broyat local, limitant le rayonnement du sol et favorisant l'infiltration de l'eau.
Des solutions adaptées à chaque école
Selon Bérénice Lacan, adjointe au maire chargée de l'Éducation, « nous sommes pleinement mobilisés pour lutter contre le changement climatique ». La municipalité prévoit la création progressive d'une salle climatisée dans chaque école élémentaire, servant de refuge lors des épisodes de chaleur intense.
Les adaptations diffèrent selon les bâtiments : stores bannes à l'école Fabre, brise-soleil à Jean-Macé, films occultants à Beauregard pour les salles de sieste, et une centrale de traitement d'air à l'étude pour l'école Martel. « Tous les moyens sont mobilisés, parfois avec des solutions peu coûteuses mais particulièrement efficaces », souligne la municipalité, qui s'appuie sur les diagnostics du Centre technique municipal.
Repenser aussi l'organisation
Adapter les bâtiments ne suffira pas. « Nous ne pourrons pas faire l'économie d'un travail commun avec l'Éducation nationale », estime Bérénice Lacan. Un éventuel aménagement du calendrier scolaire est à l'étude pour limiter les cours pendant les pics de chaleur. « Nous savons que cela pourrait entraîner des contraintes pour les familles. Mais nous devons examiner toutes les options. La trajectoire climatique actuelle nous oblige à nous adapter », poursuit l'élue.
Le frein du financement
Cette adaptation a un coût. À Millau, où une partie du patrimoine scolaire est vieillissante, la municipalité revendique une approche pragmatique. « Nous savons ce qu'il faudrait faire. Le véritable problème, aujourd'hui, ce sont les moyens dont nous disposons », reconnaît Bérénice Lacan.
L'exemple de l'école Eugène-Selles illustre cette réalité : sa rénovation thermique et climatique est estimée à près de 900 000 euros, un montant jugé incompatible avec les capacités d'investissement actuelles. La Ville doit hiérarchiser ses priorités. « Nous devons arbitrer, prioriser et parfois faire preuve de créativité », résume un élu. Les investissements seront échelonnés sur sept à quatorze ans.
Entre ambitions nationales et réalités locales
Cette situation met en lumière le défi de nombreuses collectivités : adapter des écoles construites pour un autre climat avec des budgets contraints. Dans un courrier aux maires le 26 juin, le Premier ministre Sébastien Lecornu appelait à « un effort majeur de rénovation du bâti scolaire, après des années de sous-investissement collectif ». Les élus locaux ne contestent pas la nécessité, mais estiment que les moyens financiers ne suivent pas. « Les communes sont prêtes à investir, mais elles ont besoin d'un accompagnement durable de l'État. Adapter les écoles au climat de demain est un enjeu national qui ne peut pas reposer uniquement sur les finances locales », résume la majorité municipale.



