La famille Porsche, actionnaire de référence de Volkswagen, envisage de vendre une partie de ses parts pour soutenir la transition du groupe vers l'électrique. Selon des sources proches du dossier, cette décision pourrait être annoncée dans les prochaines semaines, marquant un tournant dans la gouvernance du constructeur allemand.
Une famille à la croisée des chemins
La famille Porsche détient actuellement 53 % des droits de vote de Volkswagen via sa holding Porsche SE. Cependant, face aux besoins massifs de financement pour la production de batteries et de véhicules électriques, elle étudie la possibilité de réduire sa participation. Cette option, évoquée lors de réunions internes, vise à libérer des capitaux tout en conservant le contrôle stratégique.
Selon le journal économique allemand Handelsblatt, qui a révélé l'information, les discussions portent sur une cession de 5 à 10 % des actions ordinaires. Une telle opération rapporterait plusieurs milliards d'euros, réinvestis dans le développement de nouvelles plateformes électriques.
Un virage électrique accéléré
Volkswagen a déjà annoncé un investissement de 35 milliards d'euros dans l'électrification d'ici 2025. Mais la concurrence s'intensifie, notamment avec Tesla et les constructeurs chinois. La famille Porsche, connue pour son attachement aux moteurs thermiques, semble désormais prête à accélérer la mutation.
« La famille est consciente que l'avenir est électrique, mais elle veut s'assurer que la transition se fasse sans perdre l'identité de la marque », a confié une source proche des actionnaires. Cette déclaration reflète un changement de cap, alors que certains membres de la famille avaient longtemps défendu le diesel.
Les implications pour le groupe
Une vente de parts pourrait également ouvrir la porte à de nouveaux investisseurs, notamment des fonds souverains ou des groupes technologiques. Cela pourrait modifier l'équilibre des pouvoirs au sein du conseil de surveillance, où les représentants des salariés détiennent déjà la moitié des sièges.
Par ailleurs, cette opération pourrait précéder une introduction en bourse de Porsche AG, la marque de voitures de sport, qui est valorisée à environ 80 milliards d'euros. Une telle IPO permettrait de lever des fonds supplémentaires sans diluer le contrôle de la famille.
Le conseil de surveillance de Volkswagen doit se réunir en septembre pour discuter de ces options. Aucune décision finale n'a encore été prise, mais les analystes estiment que la pression est forte pour agir rapidement face aux objectifs climatiques de l'Union européenne.



