La banque en ligne Revolut a annoncé lundi matin avoir obtenu une licence bancaire en France, une étape attendue qui « conforte la place du groupe parmi les plus grandes banques de détail du continent », selon un communiqué de l'entreprise.
Une expansion européenne accélérée
Après plusieurs années de croissance fulgurante, Revolut disposait déjà d'une licence dans l'Union européenne, en Lituanie. L'entreprise avait obtenu en mars le sésame équivalent au Royaume-Uni, où elle était officiellement devenue une banque. Cette nouvelle licence en France marque une nouvelle étape dans son développement sur le Vieux Continent.
« Cette licence nous donne les moyens de bâtir une banque d'une nouvelle génération au service de plus de 30 millions de clients en Europe de l'Ouest », a fait valoir le directeur général Nik Storonsky, cité dans le communiqué. « Portée par un écosystème financier dynamique et un cadre réglementaire robuste, la France s'est imposée comme une place financière de premier plan », a-t-il assuré.
Un investissement massif en France
La néobanque a annoncé depuis l'an dernier l'investissement de plus d'un milliard d'euros en France et le recrutement de 400 personnes dans le pays. Elle doit inaugurer l'an prochain à Paris son siège pour l'Europe de l'Ouest, un signe fort de son engagement sur le marché français.
Revolut dit vouloir fonctionner dans l'Union européenne sur un « modèle bancaire européen à deux pôles ». L'entité française « commencera progressivement à servir ses clients à travers l'Europe, en commençant par la France », avant l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande notamment. La branche lituanienne « continuera de jouer un rôle central dans les activités de Revolut au sein du reste de l'Espace économique européen », précise le communiqué.
Des résultats financiers en forte hausse
Le groupe, qui compte plus de 75 millions de clients dans le monde et veut rivaliser avec les géants du secteur, avait annoncé fin mars un bénéfice net en hausse de 65 % en 2025, à 1,3 milliard de livres (1,5 milliard d'euros). Il vise aussi une licence bancaire aux États-Unis. Sa valorisation a bondi fin juillet à 115 milliards de dollars (près de 100 milliards d'euros) à l'issue d'une vente secondaire d'actions, avait indiqué une source proche de l'opération.
Conformité et perspectives
La croissance fulgurante de Revolut lui a valu des critiques ces dernières années sur sa capacité à se conformer aux réglementations financières. Elle avait indiqué en mai que les recrutements en France grossiraient notamment les rangs des équipes de conformité et de lutte contre le blanchiment, un enjeu crucial pour rassurer les régulateurs.



