Avec ses créations uniques, l'horloger Godechot Pauliet redonne vie à un savoir-faire ancestral : la taille des pierres précieuses. Chaque montre devient ainsi une œuvre d'art, où le minéral dialogue avec le mouvement mécanique.
Un artisanat d'exception
Dans son atelier de la Vallée de Joux, Pauliet sélectionne rigoureusement des gemmes brutes venues du monde entier. "Chaque pierre raconte une histoire géologique vieille de millions d'années", explique-t-il. "Notre travail consiste à libérer cette mémoire sans jamais la trahir." Seulement 12 montres sortent de son atelier chaque année, chacune nécessitant plus de 500 heures de travail.
La quête de la perfection
La technique de taille dite "à la main libre" est pratiquée par moins de dix artisans dans le monde. Pauliet a passé 15 ans à maîtriser cet art. "Le moindre dixième de millimètre peut changer la réfraction de la lumière", confie-t-il. Les pierres utilisées — saphirs, rubis, émeraudes — proviennent de mines éthiques, certifiées par le Responsible Jewellery Council.
En 2024, l'horloger a présenté un garde-temps serti d'un diamant bleu de 2,4 carats, un spécimen rarissime extrait de la mine de Cullinan en Afrique du Sud. La pièce a été vendue 1,2 million d'euros à un collectionneur privé.
Un hommage aux origines
"La mémoire des pierres" n'est pas qu'un slogan : chaque montre signée Pauliet intègre un minuscule éclat de roche provenant du Jura, sa région natale. Ce geste symbolique rappelle que l'horlogerie puise ses racines dans la terre. "Nous sommes les gardiens d'une tradition qui remonte aux premiers lapidaires du Moyen Âge", affirme Pauliet.
Son succès inspire une nouvelle génération de créateurs à se tourner vers les matières premières authentiques. Les ventes de montres en pierre précieuse ont bondi de 35 % en 2025 selon le baromètre horloger de la Fédération de la Haute Horlogerie. Un signe que l'époque est à la redécouverte des gestes essentiels.



