La Ville de Nîmes a lancé ce lundi 27 juillet une enquête en ligne anonyme visant à dresser un état des lieux du harcèlement de rue. Destinée principalement aux femmes et aux personnes LGBT+, elle recueille les témoignages de celles qui subissent des comportements sexistes ou des remarques désobligeantes dans l'espace public.
Une enquête anonyme pour mieux cerner le phénomène
Marianne Bernède, adjointe à l'égalité et à la lutte contre les discriminations, explique la démarche : « Je ne supporte pas l'idée que des femmes renoncent à faire quelque chose par peur ». Cette initiative fait suite aux nombreuses discussions lors des réunions publiques et des rencontres « Bonjour Nîmes », où le harcèlement de rue revenait systématiquement. L'élue raconte le témoignage d'une habitante qui, sur son trajet domicile-travail de seulement 20 minutes, se faisait accoster entre cinq et six fois par jour.
30 % de hausse des signalements en été
Selon l'application de signalement UMAY, le harcèlement de rue augmente de 30 % en période estivale. L'enquête cherche à déterminer si cette tendance se vérifie à Nîmes. Les questions portent sur les types de comportements subis – sifflements, remarques sur l'apparence, insultes – ainsi que sur les lieux et moments les plus à risque, et leurs conséquences sur la vie quotidienne. « Cela ne concerne pas que des remarques désagréables. Ça peut être aussi des réflexions comme "T'as de belles jambes", "T'es jolie". Des propos qui ne sont peut-être pas méchants mais qui, à la longue, peuvent déranger », souligne Marianne Bernède.
Le dispositif Angela en question
L'enquête s'intéresse également à la connaissance du dispositif Angela, mis en place en 2021 à Nîmes. Il permet aux personnes victimes ou témoins de harcèlement de se réfugier dans les commerces participants. La Ville indique que 23 déclenchements ont été signalés depuis sa création, un chiffre jugé faible au regard des témoignages. Actuellement, 200 commerces adhèrent au dispositif. Les réponses permettront d'envisager son amélioration, notamment par un élargissement hors du centre-ville.
Vers un dispositif de raccompagnement en soirée
À l'automne, des groupes de réflexion seront constitués pour recueillir des idées. Les participantes à l'enquête peuvent laisser leur adresse mail si elles souhaitent y contribuer. L'un des projets majeurs est la mise en place d'un service de raccompagnement en soirée pour les femmes, dont une première expérimentation pourrait voir le jour courant 2027. Une autre piste est la sensibilisation des hommes sur leurs comportements. « Notre objectif est que les femmes se sentent libres dans l'espace public », conclut Marianne Bernède.
L'enquête est accessible jusqu'au 27 septembre sur jeparticipe.nimes.fr.



