Jean-Claude Mongarny, 64 ans, met fin à trente ans de carrière dans sa boutique de cordonnerie du centre commercial des Collines d'Estanove, à Montpellier. Il cherche un repreneur pour son commerce de 16 m² qu'il a tenu avec passion.
Un parcours atypique
Rien ne prédestinait Jean-Claude Mongarny à la cordonnerie. Originaire de la Creuse, il travaillait dans le montage de charpente métallique avant une chute d'un toit qui l'a contraint à se réorienter. « Je suis tombé d’un toit et j’ai souhaité trouver un métier un peu plus terre à terre », raconte-t-il. Un ami cordonnier lui a transmis la passion. Il a suivi une école de cordonnerie puis a déménagé à Montpellier avec sa famille, une ville qu'il connaissait pour y être venu en vacances.
Un commerce prospère puis en déclin
À Estanove, Jean-Claude a été séduit par « l’implantation de la galerie avec son parking gratuit et son potentiel de développement ». Pendant longtemps, l'activité était florissante. « J’étais même débordé. J’avais trois ou quatre semaines de travaux devant moi. Je faisais de la maroquinerie en plus », se souvient-il. Mais à partir de 2018, une série d'événements a fragilisé son affaire : d'énormes chutes de neige ont provoqué l'effondrement du toit du centre commercial, puis la pandémie de Covid-19 est survenue. « J’ai eu un grave accident de la route qui m’a amené à être opéré six fois, et bientôt une septième. Ma boutique est restée fermée pendant trois ans », explique-t-il.
Un environnement qui se dégrade
À son retour, le parking d'une cinquantaine de places avait disparu au profit du tramway. « Maintenant, les gens ne peuvent plus stationner et le tramway ne s’arrête pas devant le centre. Et les boutiques ferment les unes après les autres », déplore-t-il. Un petit espoir demeure avec la réouverture progressive du bureau de poste annoncée courant juin. Le contexte économique n'arrange rien : « C’est compliqué pour tout le monde. J’ai de l’activité en début de mois, et puis ça s’essouffle », confie-t-il.
Un savoir-faire artisanal
Jean-Claude se considère comme un artisan à l'ancienne. « Je ne fais pas de clés, pas de tampons… Par contre, je répare tous les types de chaussures, même si je me suis aussi spécialisé dans la chaussure de marche et le chausson d’escalade », précise-t-il. Il utilise un banc de finissage, une presse et une machine à coudre. « Je peux y passer dix minutes ou trois heures. Je ne gagne pas forcément beaucoup par rapport au temps que j’y passe. Mais quand le client voit le travail et me remercie, j’ai rempli mon rôle », ajoute-t-il.
Une clientèle fidèle
Sa clientèle est composée aux deux tiers de personnes âgées, mais des jeunes viennent aussi, séduits par l'idée de recyclage. « J’ai des clients dans le quartier mais je rayonne aussi sur toute l’agglo », indique-t-il. Malgré les difficultés, Jean-Claude n'a « aucun regret » et reste positif, comme en témoigne un extrait d'un poème de Paul Éluard tatoué sur son bras : « la nuit n’est jamais complète, il y a toujours un rêve qui veille, un cœur généreux, une vie à se partager ».
À la recherche d'un repreneur
Âgé de 64 ans, Jean-Claude a été mis à la retraite il y a deux ans, mais il continue pour redonner de la valeur à son commerce. « J’espère le vendre rapidement, à un cordonnier dans l’idéal. J’ai du matériel, je suis prêt à accompagner un potentiel repreneur », conclut-il.



