École de musique de Lunel : déficit de 40 000 € et avenir incertain
École de musique de Lunel : déficit et avenir incertain

L'école municipale de musique de Lunel traverse une crise financière et existentielle. Dans un courrier adressé aux familles des quelque 250 adhérents, le directeur Vincent Gallas a tiré la sonnette d'alarme sur la situation périlleuse de l'association. Depuis la pandémie de Covid, les finances se dégradent, et l'incertitude plane sur les orientations de la municipalité.

Un déficit chronique et des dettes accumulées

La présidente de l'association, Brigitte Croze, détaille : « Aujourd'hui, notre déficit avoisine les 40 000 € sur un budget de 280 000 € car nos charges ne cessent d'augmenter depuis 5 ans. » Selon l'adjoint aux associations Patrick Cirou, l'école a accumulé 100 000 € de dettes, avec des déficits de 26 000 € en 2025 et 9 000 € l'année précédente. La Ville, qui verse une subvention annuelle de 90 000 € (complétée par 36 000 € de l'Agglo, 20 000 € du Département et 17 000 € de l'État via la Cité éducative), refuse de s'engager sur une nouvelle convention triennale arrivant à échéance fin 2026.

Les exigences municipales jugées intenables

La municipalité propose un avenant de janvier à juin 2027, conditionné à un retour à l'équilibre budgétaire. Elle suggère d'augmenter les cotisations, de recourir davantage à des professeurs vacataires et de chercher des mécènes. Brigitte Croze estime cette échéance « intenable et insatisfaisante ». Elle précise : « Nous proposons de faire des efforts pour tendre vers l'équilibre mais nous ne voulons pas brader l'école, les élèves et les profs. Aujourd'hui nous avons des enseignants de qualité, en CDI, qui ont des familles et qui ont des idées. Nous n'avons pas envie de laisser les élèves à des vacataires. » L'école détient le label « école ressource », exigeant un enseignement de qualité et des professeurs diplômés, avec des cotisations limitées pour rester accessible.

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Le statut associatif en question

Brigitte Croze souligne les limites du modèle associatif : « On a peut-être atteint le plafond de verre du statut associatif de l'école de musique car nous ne sommes pas une structure comme une autre. Il suffit de regarder ce qui se passe à Sommières, à La Grande-Motte ou à Vauvert où les budgets des écoles sont deux à trois fois le nôtre. » Actuellement, la cotisation moyenne pour un enfant en cursus traditionnel (solfège, instrument, ensemble) est de 400 € par an, plus 30 € de frais de dossier.

La réponse de la Ville : table ronde et recherche de solutions

Patrick Cirou, adjoint aux associations, se veut rassurant : « La municipalité a soutenu, soutient et continuera à soutenir l'école de musique. » Il explique avoir découvert le déficit en prenant ses fonctions en mars, et avoir demandé des rencontres avec l'école et l'Agglo. Il ne blâme pas les bénévoles : « Ce sont des bénévoles, passionnés, très engagés pour cette école. Je pense qu'ils ne se sont pas rendu compte des difficultés liées à l'augmentation de leurs charges salariales. Ils ne se sont pas aperçus de la trajectoire glissante, dangereuse, mais là nous sommes au pied du mur. » Il propose une table ronde pour « faire évoluer le modèle actuel avant de signer une nouvelle convention triennale », tout en rappelant que « la Ville n'a pas d'argent sous le tapis ».

Inquiétude des enseignants et espoir d'une remise à plat

Les enseignants ont adressé un courrier recommandé au maire pour exprimer leur inquiétude. Brigitte Croze espère qu'avec « un peu de volonté politique et de sensibilité intercommunale », une remise à plat complète du système pourra être envisagée. L'avenir de l'école de musique de Lunel reste suspendu à ces discussions.

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