Le poulet, roi incontesté des assiettes françaises
Le poulet rôti du dimanche midi, mais aussi le poulet frit, les tenders et les nuggets connaissent un succès grandissant. Les Français n'ont pas tourné le dos à la volaille, bien au contraire. Selon les chiffres publiés mercredi par l'interprofession (Anvol), ils ont consommé 3,3% de volaille en plus en 2025 par rapport à 2024. Cette demande dépasse la capacité de production des éleveurs français, entraînant une hausse significative des importations de poulet, qui ont augmenté de 9,5% sur un an.
Une production contrainte par la grippe aviaire
La filière a produit en volume 1,7% de volaille en plus qu'en 2024, un niveau limité par l'influenza aviaire. Environ une centaine de foyers a été recensée entre août et décembre 2025, un chiffre toutefois bien inférieur aux niveaux catastrophiques de 2022. L'Anvol a estimé les pertes provoquées par l'influenza aviaire en 2025 et 2026 à 60 millions d'euros pour l'ensemble de la filière, en additionnant le manque à gagner pour les éleveurs, les abattoirs et les accouveurs. À titre de comparaison, lors des pics du début des années 2020, les pertes s'étaient chiffrées en centaines de millions d'euros.
31,7 kg de volaille consommés par habitant
La consommation de volaille des Français augmente régulièrement depuis plusieurs années, tirée principalement par la restauration et les produits transformés comme les nuggets. Elle a atteint 31,7 kg par habitant en 2025, dont 25,6 kg de poulet. Plus d'un poulet sur deux a été importé en France l'an dernier (52,4%), une proportion en augmentation par rapport à 2024 (50,4%), et sans commune mesure avec le niveau du début du millénaire (environ 25% en 2000, selon l'Anvol).
Un déficit commercial préoccupant
Si les éleveurs français exportent certaines pièces de poulet peu consommées localement, le secteur affiche un déficit commercial de 1,72 milliard d'euros. Pour l'interprofession, si la France souhaitait atteindre l'autosuffisance en volaille d'ici 2035, compte tenu de l'augmentation continue de la consommation, il faudrait construire environ 220 poulaillers par an, nécessitant des investissements d'environ 3 milliards d'euros sur dix ans.
Des projets ralentis par des obstacles juridiques
L'an dernier, seulement une quarantaine de poulaillers Label Rouge et un nombre similaire en « volaille du quotidien » (sans label ni bio) ont été construits. « Nous sommes dans un secteur en croissance, mais les nouveaux projets sont ralentis par des blocages juridiques », a déploré Jean-Michel Schaeffer, éleveur et président de l'Anvol, lors d'une conférence de presse. Benoit Drouin, président du Synalaf (syndicat des labels avicoles), a ajouté : « L'acceptabilité devient compliquée », pointant le rôle de certaines associations qui tenteraient de freiner la construction de nouveaux poulaillers en intervenant dans les enquêtes publiques obligatoires pour les plus gros élevages. Les seuils ont néanmoins été relevés par la loi Duplomb adoptée en 2025.



