Selon un rapport de la Banque africaine de développement (BAD), l'Afrique doit impérativement gagner sa souveraineté alimentaire pour faire face aux chocs climatiques et géopolitiques. Le continent importe encore 80 à 90 % de ses céréales, une dépendance qui le rend vulnérable.
Une dépendance alimentaire alarmante
Le rapport souligne que l'Afrique dépense chaque année environ 50 milliards de dollars en importations alimentaires. Cette situation est aggravée par la guerre en Ukraine, qui a perturbé les chaînes d'approvisionnement et fait grimper les prix des denrées de base. Akinwumi Adesina, président de la BAD, déclare : « L'Afrique doit nourrir elle-même sa population croissante. »
Des solutions concrètes proposées
Pour inverser la tendance, la BAD propose d'investir massivement dans l'agriculture locale, notamment via des technologies résilientes au climat. Le rapport préconise de développer les infrastructures de stockage et de transformation, ainsi que de soutenir les petits exploitants, qui représentent 80 % des fermes africaines. Un programme phare, les Technologies pour la transformation de l'agriculture africaine (TAAT), a déjà permis de distribuer des semences améliorées à des millions de producteurs.
Un enjeu de développement et de paix
La souveraineté alimentaire est aussi un enjeu de stabilité. Le rapport note que les émeutes de la faim ont augmenté de 30 % en Afrique subsaharienne ces dernières années. Atteindre l'autosuffisance permettrait de réduire les tensions sociales et de créer des emplois, notamment pour les jeunes. La BAD estime que l'agriculture pourrait générer 20 millions d'emplois d'ici 2030 si les investissements nécessaires sont réalisés.
Un appel à l'action collective
Le rapport appelle les gouvernements africains à allouer au moins 10 % de leurs budgets à l'agriculture, conformément à l'engagement de Maputo. Il encourage également le secteur privé à investir dans les chaînes de valeur locales. « Nous avons les ressources, la terre et la main-d'œuvre. Il ne manque que la volonté politique et les financements », conclut Adesina.



