Soupe des Bazaïs : la tradition estivale perpétuée par l'association A Ciocoula à Menton
Soupe des Bazaïs : la tradition estivale de Menton

L'association mentonnaise « A Ciocoula » perpétue avec passion les traditions festives et estivales de Menton en servant la fameuse soupe des Bazaïs ce vendredi 17 juillet sur l'esplanade Francis-Palmero. Plusieurs centaines de convives sont attendus pour déguster ce plat symbolique, préparé par une vingtaine de bénévoles dès six heures du matin.

Une tradition née au XIIIe siècle

La soupe des Bazaïs, dont le nom signifie « haricots » en génois, trouve son origine dans une légende remontant au XIIIe siècle. « C'était la famine à Menton. À l'époque, les habitants se contentaient de ce que la nature pouvait leur offrir, mais un petit groupe de pêcheurs a décidé de se rendre à Gênes à la recherche de provisions », explique Marité Simoncini, présidente de l'association depuis 2014. « Ils ont trouvé toutes sortes de légumes, du fromage et des haricots… sauf que ces derniers étaient infestés de charançons ! »

Plutôt que de se décourager, les Mentonnais médiévaux ont intégré ces insectes comme source de protéines en période de disette. Les pêcheurs mirent en commun leurs provisions, et les habitants ajoutèrent ce qui leur restait, donnant naissance à la soupe des Bazaïs, une variante de la soupe au pistou, symbole de solidarité et de partage.

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Une recette généreuse pour 800 convives

Aujourd'hui, les insectes ont été remplacés par du bœuf. « Nous préparons les légumes dès six heures du matin sur l'esplanade Francis-Palmero, avec l'aide d'une vingtaine de bénévoles pour l'épluchage et le soutien de la mairie, qui nous fournit les ingrédients nécessaires », détaille Marité Simoncini. « Nous servons le soir même environ 650 litres de soupe, composée de 200 kg de légumes variés – pommes de terre, carottes, courgettes, poireaux, haricots plats, verts et en grains – auxquels s'ajoutent 25 kg de paleron de bœuf et de poitrine salée, ainsi que des kilos d'ail, de pâtes et de parmesan. Elle mitonne pendant au moins six heures, répartie dans quatre grandes casseroles de 200 litres, sous la baguette du chef cuisinier Dominique Leyder et de son équipe. »

La soupe est servie gratuitement, sans réservation, à partir de 19 heures. Les participants sont invités à apporter leurs bols, assiettes et couverts. Le dress code suggéré est le blanc et le bleu, couleurs de Menton.

Un rendez-vous populaire et festif

Cette grande fête populaire accueille chaque année environ 800 convives au pied de la vieille ville, face à la mer. « Au début du mois, pour la fête de la Saint-Pierre, nous avons concocté 800 litres de soupe de poissons (avec 300 kg de poissons) dégustés par 1 100 personnes ! », se réjouit Marité Simoncini. La soirée sera animée par le chanteur Sébastien El Chato et un bal.

L'association A Ciocoula, créée en 1937 par un groupe de pêcheurs plaisanciers, compte aujourd'hui 255 adhérents. « L'an prochain, nous fêterons les 90 ans de notre association, qui organise notamment des compétitions de pêche, des ateliers de pêche pour les enfants, des vide-bateau, et des séances de pêche aux thons ou No kill », ajoute la présidente.

Une mémoire culinaire et communautaire

Pour Marité Simoncini, cette soupe dépasse la simple tradition culinaire : « C'est beaucoup de travail mais elle est bien plus qu'une tradition culinaire, elle perpétue la mémoire d'une communauté unie, fière de son histoire et attachée à ses racines. » La soupe des Bazaïs a longtemps été servie début août dans les quartiers de la vieille ville : place du Cap, place aux Herbes, Traverse du Palmier. Aujourd'hui, elle est le point d'orgue d'une soirée populaire qui rassemble Mentonnais et visiteurs.

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