Alors que l'activité touristique s'intensifie à l'approche de la saison estivale, les hôtels et restaurants de Fréjus et Saint-Raphaël, dans l'Est-Var, sont confrontés à une pénurie de main-d'œuvre. La main-d'œuvre qualifiée ou non est particulièrement recherchée, et les recruteurs doivent redoubler d'efforts pour attirer les candidats.
Une saison de recrutement difficile
À quelques jours de la haute saison, l'hôtellerie-restauration continue de recruter dans les villes jumelles. Si la phase de candidature s'est déroulée en mars, voire en février, les désistements sont courants. « J'avais tout bouclé depuis le 15 avril, mais aujourd'hui il me faut trouver de nouveaux saisonniers », témoigne la responsable de l'antenne locale d'une chaîne de fast-food. Les causes des départs sont multiples : meilleures offres, empêchements personnels ou mauvaise adaptation aux conditions de travail.
Pour certains recruteurs, la motivation est plus importante que l'expérience. Crédit photo : Web uniquement.
Un marché du travail tendu
La plupart des professionnels ne s'inquiètent pas de cette situation prévisible en cette période de l'année. « On arrive toujours à trouver du monde », assure la gérante du restaurant Le Jardin de Sébastien à Fréjus. D'autres, en revanche, ne sont pas si chanceux. Emmanuel Quarteroni, directeur de l'Hôtel Les Palmiers à Fréjus-Plage et vice-président du club hôtelier de l'agglomération, fait part d'une convergence de facteurs particulièrement défavorables : « Nous faisons face à un grand taux de rotation. Des anciens, avec nous depuis quatre ou cinq ans, sont partis. Ça n'a jamais été aussi difficile ».
Beaucoup de recruteurs doivent se tourner vers de nouveaux profils en l'absence des habitués des années précédentes. « La difficulté, poursuit Emmanuel Quarteroni, c'est qu'il n'y a jamais eu si peu d'offres et autant de gens sans expérience ». Prêts à les former, les professionnels peinent à trouver des personnes motivées à travailler sur l'ensemble de la période et sur des horaires décalés.
Une tendance de fond renforcée depuis la Covid
Il s'agit d'une tendance de fond, renforcée depuis la Covid, explique un intervenant qui a désiré rester anonyme : « On est dans une opération séduction ; c'est à nous de convaincre les candidats aujourd'hui ». Un métier épuisant sur le plan physique qui « pousse des jeunes de 19 ans à demander des salaires ahurissants », poursuit-il. À cela s'ajoutent tous ceux qui refusent les contrats de travail de plus d'un mois et qui sont « impossibles à encadrer en pleine saison », selon Charlotte Tagliani, dirigeante de l'hôtel-restaurant Excelsior, à Saint-Raphaël.
Logements et autres avantages
Face à ces problématiques, les établissements se tournent vers des agences ou des sites spécialisés afin de poster des annonces flash. Même les réseaux sociaux sont mobilisés. Sont mis en avant des logements pour saisonniers et autres avantages afin de toucher un large public, au-delà des frontières régionales. « Je collabore avec France Travail, acceptant des postulants de tout âge et toute catégorie. Il faut surtout qu'ils soient aimables », confirme Le Jardin de Sébastien.
Ces derniers sont finalement peu regardants sur le parcours antérieur, à l'exception des cuisines où l'expérience est valorisée. « Nous sommes là aussi pour montrer aux jeunes ce qu'est le monde de l'entreprise. Bien plus qu'un job d'été, nous voulons leur offrir une ouverture sur la vie professionnelle », déclare Emmanuel Quarteroni.
Les conseils d'une responsable de France Travail
« À Fréjus et Saint-Raphaël, 70 % à 75 % de nos offres proviennent de l'hôtellerie-restauration, insiste Fatiha Elbaoudi, responsable locale au sein de France Travail. Pour nombre de recruteurs, la motivation prime sur l'expérience. La qualité du curriculum vitae intervient dans un second temps. Notre mission est de faciliter la médiation entre les parties. Pour ce faire, nous avons mis en place plusieurs dispositifs ».
Parmi les dispositions mises en place, on trouve :
- Le CEJ (contrat d'engagement jeune) : un accompagnement intensif vers l'emploi avec une rémunération mensuelle de 566,17 euros.
- L'immersion facilitée : qui permet au candidat d'évaluer les conditions sur le terrain avant la signature du contrat (afin de rassurer le recruteur comme le recruté).



