La Nouvelle faïence de Varages, reprise par neuf associés, inaugure ce dimanche sa nouvelle boutique et son concept d'échoppes d'artisans partenaires. Sept conteneurs aménagés accueilleront des artisans sélectionnés, tandis que l'entreprise vise une production de 2 400 pièces par semaine grâce à un nouveau bâtiment.
Une inauguration qui marque un cap
Ce lundi 3 août, la cour de l'entreprise Nouvelle faïence, à Varages, était en effervescence. Moins qu'il y a 300 ans, quand la production de vaisselle en faïence faisait vivre tout le territoire, mais assez pour montrer que l'entreprise, reprise par trois entrepreneurs varois rejoints en mai par six nouveaux actionnaires, franchit une étape décisive avec l'inauguration de sa boutique ce dimanche.
Dans le magasin, où quelques touristes se pressent malgré la chaleur, les couleurs emblématiques de la fabrique sont à l'honneur : jaune poussin, orange flashy, bleu de Varages. « À terme, nous allons exposer la vaisselle sur les murs colorés », précise Michaël Bruel, président de la SAS, sur tous les fronts depuis le printemps après un hiver difficile.
Un financement consolidé
« Nous avons dû changer de banque car la première ne nous a finalement pas suivis », explique l'entrepreneur, qui a depuis trouvé un nouveau partenaire financier et procédé à une augmentation de capital avec l'arrivée de six nouveaux associés aux profils complémentaires, tous attachés d'une manière ou d'une autre au territoire. « Chacun détient 11 % des parts, nous ne voulions pas qu'un actionnaire soit prépondérant par rapport aux autres. »
Cet apport a permis de financer l'investissement global de 500 000 euros, via l'emprunt et le crédit-bail. La faïencerie a également installé ce lundi 3 août les conteneurs aménagés par Maison Eco 3, l'un de ses actionnaires, pour constituer des échoppes qui accueilleront des artisans.
Un appel à candidatures pour les artisans
Outre la boutique, les 2 900 m² de foncier, propriété de la Communauté de communes Provence Verdon, accueillent depuis lundi sept conteneurs maritimes transformés en boutiques-ateliers par la société brignolaise Maison Eco 3, également actionnaire. Les artisans sélectionnés à la suite de l'appel à candidatures lancé le 1er juillet en partenariat avec la Chambre de métiers et de l'artisanat y seront installés.
« Le premier dépouillement doit avoir lieu ces jours-ci mais il restera ouvert. Les critères pour être sélectionnés sont essentiellement le lien de l'activité avec le travail de la terre, ou utilisant un contenant produit par la faïencerie », précise le président. Les entrepreneurs retenus seront titulaires d'un contrat de prestations, moyennant 350 euros par mois pour 15 m² de surface, avec accès aux services de la faïencerie comme le four ou les moules hérités de la maison Lallier à Moustiers, ainsi que le fab lab, en passe d'être installé.
Des échoppes pour créer une synergie
« Ce sont des échoppes au sens propre du terme, des boutiques ateliers », ajoute Michaël Bruel, qui compte sur la synergie entre ces nouveaux partenaires et la fabrique tricentenaire pour générer de l'attractivité, dans une période difficile. « Avec les incendies, nous estimons avoir perdu 15 000 euros de recettes en deux semaines, alors qu'en cette saison nous sommes censés faire de la trésorerie pour l'hiver. »
D'autres axes de diversification sont envisagés, comme l'installation d'une station de recharge pour voitures électriques. « Cela va donner de la visibilité à la faïencerie dans tous les outils de référencement des bornes de recharge, et l'expertise de l'un de nos actionnaires, l'électricien GEES, va nous être utile. »
Deux nouvelles marques et un site marchand
Deux marques sont également créées. « Les bijoux de Varages », des créations en série limitée, sur lesquelles sont imprimées ou gravées des motifs à la demande des clients. « Par exemple, nous avons un partenariat avec la mairie de Varages, qui va remettre à chaque couple nouvellement marié une assiette gravée. » La « fracasserie », une « rage room » où il sera possible, moyennant finance, de casser de la vaisselle non vendable pour se défouler, ouvrira à la rentrée.
Le site internet marchand, en période de test, est déjà opérationnel, avec les premières commandes expédiées via La Poste. L'objectif reste de fabriquer de nouveau sur place le biscuit – la pièce brute précuite sans émaillage –, pour l'instant importé d'Espagne et du Portugal. Le projet repose sur l'acquisition d'un bâtiment situé à proximité de la fabrique, capable de sortir 2 400 pièces par semaine grâce à son four et ses deux carrousels réhabilités.



