À Collias, village du Gard baigné par les gorges du Gardon, la saison du melon est un temps fort. Sur l'exploitation familiale des Folcher, Pauline et Pierre-Jean, aux côtés de leur père, cultivent cette année trois hectares de melons. Une production pensée pour s'étaler tout l'été, de la première quinzaine de juillet jusqu'au cœur de la saison estivale.
"La récolte se passe plutôt bien. La qualité y est, surtout", résume Pauline Folcher, jeune agricultrice de l'exploitation. Mais elle précise que les rendements ne sont pas uniformes : à quelques centaines de kilogrammes près, le résultat dépend des secteurs plantés. En cette fin juillet, c'est la troisième planche, actuellement en cours de récolte, qui donne les meilleures performances.
Cinq planches de 60 ares pour étaler la production
Les melons occupent exactement trois hectares, répartis en cinq planches de 60 ares chacune. Cette organisation n'est pas le fruit du hasard. Les plants ont été mis en terre à partir de la mi-avril, avec un décalage d'environ dix jours entre chaque planche. L'objectif : répartir la production sur plusieurs semaines afin de lisser le travail et les livraisons.
Cette méthode, classique chez les producteurs de melon, demande une anticipation rigoureuse. Elle permet de mieux gérer la main-d'œuvre, de surveiller la maturité des fruits au fur et à mesure et d'organiser les expéditions en fonction de la demande. C'est un équilibre subtil entre la nature, qui impose son rythme, et l'organisation humaine, qui tente de le maîtriser.
Les premières planches ont été récoltées dès le début juillet, et la saison devrait se poursuivre jusqu'au cœur de l'été, tant que les fruits arrivent à maturité. Les conditions climatiques de cette année semblent avoir été favorables, du moins pour la qualité, même si les quantités restent inégales d'une parcelle à l'autre.
Une exploitation familiale de onze hectares
La culture du melon n'est qu'une des facettes de l'exploitation des Folcher. Au total, le site de Collias couvre environ onze hectares, dont trois consacrés au melon et deux à la vigne. Les autres cultures viennent compléter le tableau : des asperges et de la luzerne sont également produites sur d'autres terres.
La viticulture demeure l'activité historique de la famille, avec une production qui transite notamment par une cave coopérative. D'autres parcelles, situées dans les secteurs de Saint-Siffret et Saint-Maximin, viennent étoffer le vignoble familial. Cette diversification est essentielle pour une exploitation de cette taille : elle répartit les risques et permet de maintenir un équilibre économique sur l'année.
Un débouché assuré par un expéditeur de Carpentras
La majeure partie des melons récoltés est destinée à un expéditeur basé à Carpentras, dans le Vaucluse. Cet intermédiaire se charge ensuite de la commercialisation, que ce soit sur les marchés de gros, auprès des grandes surfaces ou vers d'autres circuits de distribution. Pour une exploitation familiale, ce type de partenariat offre une certaine sécurité : le producteur n'a pas à chercher lui-même ses débouchés et peut se concentrer sur le travail des champs.
Carpentras est un bassin historique du commerce des fruits et légumes, et la proximité avec le Gard facilite les échanges. Les melons de Collias rejoignent ainsi un circuit bien rodé, où la qualité du produit prime. Pauline Folcher insiste d'ailleurs sur ce point : la qualité est au rendez-vous, et c'est la principale satisfaction de cette saison.
Une agriculture qui façonne le territoire
Dans cette partie du Gard, l'agriculture reste un pilier de l'économie et des paysages. Les cultures de melon, les vignes et les autres productions façonnent un territoire vivant, où le travail de la terre rythme les saisons. Pour les habitants, la récolte des melons est un marqueur de l'été, un temps attendu qui renoue avec les traditions locales.
L'exploitation des Folcher illustre parfaitement cette réalité : une ferme familiale qui a su évoluer, en conservant ses racines viticoles tout en développant des cultures complémentaires. C'est une leçon de résilience et d'adaptation, dans un secteur où chaque année apporte son lot de défis, qu'ils soient climatiques, économiques ou réglementaires.
La saison des melons se poursuit encore, et les cueillettes s'enchaînent sur les cinq planches. D'ici quelques semaines, les Folcher pourront dresser un bilan complet de leur récolte. Mais déjà, le constat est là : l'été 2026 aura été, pour eux, une belle saison du melon.
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