Depuis mi-juin, Laetitia B., bénévole à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) depuis près de 20 ans, arpente chaque soir les rues du centre-ville de Draguignan à la recherche d'oiseaux en détresse. Accompagnée de Sébastien F., elle porte secours aux volatiles tombés des nids en quête d'air frais, fuyant la chaleur caniculaire sous les toitures.
Une canicule meurtrière pour les oiseaux
« Il y a une différence de température d’environ 10 degrés là-haut avec l’extérieur », assure la bénévole de la LPO. Sous les tuiles, les nids se transforment en étuves, poussant les oisillons les plus fragiles à chuter de plusieurs mètres. « Cette année est la pire que nous ayons connue pour le moment. La chaleur est arrivée tôt et a duré longtemps. On n’a jamais vu autant de martinets par terre », confie Laetitia.
54 martinets recueillis en deux semaines
En seulement deux semaines, 54 martinets, une espèce protégée, ont trouvé refuge chez elle avant d’obtenir une place en centre de soin spécialisé. La région ne compte que trois centres : à Buoux (Vaucluse), l’association Totem au Pradet (Var) et Instinct AniMal à Saint-Cézaire-sur-Siagne (Alpes-Maritimes), mais ils sont saturés. En attendant, Laetitia les héberge dans un coin de son appartement.
Un bénévolat de longue date
Laetitia a arrêté de compter les années de bénévolat. « La nourriture, le matériel… Tout ça, je le paie de ma poche. C’est de l’investissement personnel », explique-t-elle. Elle ne souhaite pas dévoiler son nom, préférant rester dans l’ombre. Sébastien F., qui l’aide depuis qu’ils se sont rencontrés en jardinerie, effectue des rondes en journée. « J’ai plus de temps qu’elle, je ne bosse pas en ce moment, alors je fais des rondes en journée, pour le plaisir », dit-il.
Les zones les plus touchées
Le duo inspecte les moindres recoins : caniveaux, grilles d’égout, encadrements de portes, derrière les tuyaux et les pots de fleurs, sous les voitures. « Généralement, on passe à deux reprises dans la rue de Trans, la rue Mireur, celle qui longe l’église, celles qui sont parallèles à la rue de Trans, l’îlot de l’Horloge aussi… C’est là qu’on en trouve le plus », précise Laetitia.
Les bons gestes à adopter
Lundi dernier, elle a récupéré 23 martinets, dont une partie provient de particuliers. Laetitia recommande de placer l’oiseau dans une boîte en carton avec du papier essuie-tout ou du papier journal au fond, et d’envoyer un mail à sos.paca@lpo.fr. « On déconseille de nourrir ou de donner à boire soi-même aux martinets. Ça peut leur être fatal quand on ne le fait pas correctement. On peut vite les noyer avec une pipette. » Une petite goutte d’eau sur la pulpe du doigt suffit, et leur régime alimentaire se limite aux insectes (grillons ou larves de teignes).
Le martinet, un oiseau migrateur protégé
Le martinet peut parcourir jusqu’à 800 km par jour et effectuer une boucle de migration de 22 000 km. « Il produit 8 battements d’ailes par seconde et vit entre 5 et 6 ans », indique Laetitia. Sa vie se passe dans les airs : nourrissage et reproduction. « Ses ailes doivent être parfaites pour voler. Lorsqu’il lui manque une plume, elle ne repousse que l’année suivante. »



