Loi d'urgence agricole : l'acétamipride reste le principal sujet qui crispe
Loi d'urgence agricole : l'acétamipride crispe

À deux jours du vote du projet de loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale, la réintroduction de l'acétamipride, un pesticide interdit, reste « le principal sujet qui crispe », a déclaré samedi 18 juillet la ministre de la Transition écologique Monique Barbut dans un entretien à La Tribune Dimanche. Le gouvernement craint un rejet du texte malgré un compromis trouvé jeudi par une commission mixte paritaire de députés et sénateurs.

Opposition ferme à la réintroduction de l'acétamipride

« Les échanges progressent mais tout n'est pas encore clarifié. Tout le monde s'accorde pour dire que le texte a été amélioré par rapport à la copie du Sénat. Bien sûr, le principal sujet qui crispe encore aujourd'hui, c'est l'acétamipride. Je suis pour ma part opposée à la réintroduction de ce pesticide en France », a affirmé Monique Barbut. Cette substance, interdite dans l'Union européenne, avait été réintroduite par le Sénat dans le cadre du projet de loi, suscitant de vives critiques des associations environnementales.

Compromis sur le stockage de l'eau

Concernant le doublement de la capacité de stockage d'eau à des fins agricoles d'ici 2025, autre mesure controversée introduite au Sénat, la ministre a précisé : « Nous avons obtenu qu'il s'agisse de capacités de stockage multi-usages et soumises à concertation. Chacun ne fera pas son stockage dans son coin et pour les seuls besoins agricoles. » Cette disposition vise à répondre aux inquiétudes sur l'accaparement de la ressource en eau.

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« Ce qui me gêne, c'est que ce texte du gouvernement qui devait répondre à une situation d'urgence pour nos agriculteurs, depuis les ajouts du Sénat, modifie bien au-delà la politique qui organise le partage de la ressource en eau dans notre pays », a ajouté Monique Barbut, qui avait déjà exprimé ses réserves.

Renforcement du Fonds vert et priorité climatique

En revanche, la ministre s'est félicitée de l'augmentation de l'enveloppe allouée à son ministère dans le projet de budget 2026. Le Fonds vert, dont le gel de crédits avait été dénoncé lors des récentes canicules, devrait remonter à un milliard d'euros, a-t-elle indiqué. « L'écologie sera le budget le plus renforcé après celui des Armées. C'est un signal fort. Il montre que, même dans un contexte budgétaire exigeant, protéger les Français face au changement climatique reste une priorité », a-t-elle déclaré.

« Je me réjouis d'avoir obtenu plusieurs arbitrages importants, en particulier le renforcement du Fonds vert porté à un milliard d'euros. La priorité sera donnée à l'adaptation au changement climatique, notamment celle des bâtiments publics », a-t-elle précisé. Le Fonds vert, créé en 2023 pour aider les collectivités à adapter les territoires au changement climatique, avait vu sa dotation passer de 2,5 milliards d'euros en 2024 à 837 millions dans le budget 2026.

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